Gapany Johanna · Ständerat · 2023-03-06
Gapany Johanna · Ständerat · Freiburg · FDP-Liberale Fraktion · 2023-03-06
Wortprotokoll
J'ai soutenu cette motion en commission et pourtant, je comprends les préoccupations qui ont été exprimées par notre collègue Olivier Français, notamment le fait que cette motion conduise à la dévalorisation de certains titres.
Si je prends la parole pour soutenir cette motion, c'est parce qu'il existe d'autres pistes que la reprise pure et simple des titres, comme le suggère l'auteur de la motion. S'il y avait une quasi-unanimité au sein de la commission, ce n'est évidemment pas parce que l'on veut dévaloriser certains titres, mais parce que l'on peut agir autrement pour garantir la valeur internationale des formations offertes et des titres délivrés chez nous.
S'il est nécessaire d'agir aujourd'hui, cela a été dit, cela est notamment dû à une décision de l'Allemagne de reprendre les titres de bachelor professionnel et de master professionnel pour certains diplômes de la formation professionnelle supérieure. Cela concerne actuellement l'Allemagne et l'Autriche, mais, demain, cela pourrait être d'autres pays qui nous entourent.
Le monde change et les décisions internationales nous impactent. Je suis évidemment à 100 pour cent d'accord avec notre collègue Français lorsqu'il dit que la Suisse n'est pas l'Allemagne. C'est une certitude. Mais les décisions de l'Allemagne peuvent toucher les personnes formées dans notre pays. C'est un fait.
Très concrètement, utiliser le titre de bachelor professionnel, comme le suggère l'auteur de la motion, ne me semble pas véritablement la piste la plus judicieuse, mais cela permettrait de comparer deux candidats lorsque l'un viendrait de Suisse, et serait formé selon notre système, et que l'autre viendrait par exemple d'Allemagne et aurait obtenu le titre de bachelor professionnel.
Mais il est clair que cet usage comporte un risque, tant au niveau national qu'au niveau international, de dévaloriser les titres délivrés par nos HES et nos universités. Cela soulève d'ailleurs de nombreuses autres questions, comme l'a rappelé M. Français. Il y a aussi des spécificités qui concernent l'usage de ces titres dans le cadre du processus de Bologne et qui ne concernent pas la formation en école supérieure professionnelle.
Je n'y reviens pas puisque cela a déjà été dit. Là où je vois les choses différemment, c'est qu'il y a d'autres pistes qui existent, notamment celle d'offrir une comparaison internationale aux titres ES non pas en remplaçant les titres, mais en les complétant pour donner un équivalent international par un complément au diplôme, par exemple. Ce complément permettrait de préciser l'équivalence par rapport aux diplômes donnés par l'Allemagne ou par d'autres pays, et aussi d'assurer la reconnaissance du diplôme suisse au niveau international.
Avec un complément, on met sur un pied d'égalité, cette fois-ci au niveau international, deux personnes qui ont le même niveau de formation, mais qui n'ont pas un diplôme du même nom. Une autre piste serait d'étudier des dénominations alternatives, comme le titre d'"associate degree" qui est utilisé dans plusieurs pays d'Europe et d'Amérique du Nord. Des solutions existent.
Je ne vois pas dans cette motion un risque de dévaloriser les diplômes qui sont déjà délivrés. Je constate que le phénomène existe. Par cette prise de conscience, tant au niveau de la commission que maintenant au niveau du conseil, on est capable de saisir cette occasion et d'accepter la motion pour clarifier la qualité de notre formation au niveau national et de se donner une chance d'établir une comparaison au niveau international.
Je vous invite donc à soutenir cette motion.