Cottier Damien · Nationalrat · 2023-06-05
Cottier Damien · Nationalrat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2023-06-05
Wortprotokoll
J'aimerais remercier les Jeunes libéraux-radicaux qui mettent aujourd'hui le Conseil national devant sa responsabilité: veut-il ou ne veut-il pas assurer le financement durable de notre AVS, son financement équitable et la solidarité entre les générations? Ce sont les questions auxquelles nous devons répondre aujourd'hui.
Premièrement, le Conseil national peut poser aujourd'hui les jalons d'une prévoyance vieillesse durablement financée. La durabilité ne doit pas être un vain mot, et elle ne doit pas être cantonnée à la politique environnementale. Dans le domaine social aussi, nous devons assurer que les systèmes soient viables, donc finançables durablement. Et nous devons regarder les faits, en l'occurrence les chiffres. Or ceux-ci sont clairs: l'AVS, l'assurance sociale la plus importante de notre pays, dépense près de 130 millions par jour. Ces dépenses vont croître du fait du double vieillissement de la population: d'une part, et c'est heureux, les gens vivent plus longtemps et, d'autre part, c'est moins heureux, l'âge moyen de la population augmente avec la baisse de la natalité après la génération du baby-boom.
Un million de personnes sont sur le point de partir à la retraite ces prochaines années. Il y aura donc des augmentations du côté des dépenses. De plus, nous aurons des défis du côté des recettes, car de moins en moins d'actifs financeront de plus en plus de retraités. En 1948, au moment de la création de l'AVS, un rentier était financé par 6,5 actifs. Nous sommes à 3,3 actifs pour un rentier aujourd'hui, et le rapport sera probablement à 2,2 pour un rentier en 2050! C'est le Conseil fédéral qui cite ces chiffres dans son message.
Si nous n'agissons pas rapidement, malgré le financement additionnel voté dans le cadre de la RFFA et qui donne les bons chiffres que certains ont évoqués, mais qui ont été corrigés récemment et qui ne sont - on le sait - pas durables, malgré ce financement additionnel et malgré les décisions prises dans le cadre de la réforme AVS 21, l'AVS accumulera très prochainement des dettes qui pourront dépasser les 15 milliards de francs en 2045 déjà!
Deuxièmement, la mise en oeuvre de l'initiative permettrait un financement durable, mais aussi équitable de notre AVS. Pourquoi équitable? Parce que chacun doit contribuer, dans notre société, à répondre à ce défi démographique. Or, si l'on se contente d'attendre, ou de plancher sur de futures augmentations de recettes, par exemple via les impôts, ce sera seulement une partie de la population qui contribuera à l'effort de rééquilibrage.
En travaillant sur l'âge de la retraite, on répartit l'effort sur l'ensemble de la société, ce qui présente un double avantage: d'abord, la rente est payée plus tard et l'on a donc une [PAGE 1094] réduction du côté des dépenses, et ensuite, la durée de cotisation est allongée et l'on a donc une augmentation du côté des recettes.
Par ailleurs, cette méthode tient logiquement compte de l'allongement de la durée de vie: à la naissance de l'AVS, l'espérance de vie était de 65,1 ans pour les hommes, et elle est aujourd'hui de 81 ans. Pour les femmes, ces chiffres sont respectivement de 69 ans en 1948 et de 85 ans aujourd'hui.
Si nous vivons plus longtemps - et plus longtemps en bonne santé, heureusement - il est aussi raisonnable, face à tel un défi structurel de financement, d'adapter le moment du départ à la retraite. C'est d'ailleurs ce que font de nombreux autres pays européens qui sont confrontés exactement au même défi.
Troisièmement, cette solution est équitable à l'égard de toutes les générations. En raison du système de répartition, ce sont les actifs d'aujourd'hui qui financent les rentes d'aujourd'hui. Et ce seront les jeunes d'aujourd'hui qui dans quelques années financeront nos rentes. Or si le système est déséquilibré, l'AVS se financera sur le dos de la jeunesse en creusant une dette qu'ils et elles devront payer demain par des cotisations, des impôts accrus ou des prestations réduites. Cela serait tout simplement injuste, et nierait l'équité entre les générations.
Nous vous recommandons, pour toutes ces raisons, de soutenir cette initiative sur les rentes, parce qu'elle assure un financement durable de notre AVS, un financement équitable de notre AVS, et un traitement juste des différentes générations. Il faut dire oui.