Marra Ada · Nationalrat · 2023-06-12
Marra Ada · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2023-06-12
Wortprotokoll
En cette année où nous célébrons les 175 ans de la Constitution suisse, il nous est donné l'occasion de réfléchir à notre démocratie. Pas seulement aux questions fédéralistes et au mécanisme de l'équilibre entre les différentes régions du pays, mais également à qui peut participer et prendre des décisions pour notre pays. Force est de constater que le pouvoir décisionnel, donc démocratique, est en train de se concentrer de plus en plus dans les mains de quelques-unes et de quelques-uns uniquement. D'abord, parce que les étrangères et étrangers ne peuvent pas voter. Ensuite, parce que les procédures de naturalisation sont sévères et que peu peuvent y accéder. Ces deux voies sont donc bouchées.
Le taux de participation lors des votations, en Suisse, est bas, entre 10 et 50 pour cent, quand tout va bien. C'est trop peu pour un pays dans lequel la démocratie semi-directe est essentielle. Dès lors, si on veut élargir le champ des personnes qui prennent des décisions tout en gardant le critère de la nationalité, il faudra bien élargir la base de l'assiette. Donner le droit de vote aux jeunes dès 16 ans, c'est reconnaître la richesse de notre jeunesse, c'est leur accorder un crédit, c'est reconnaître l'importance de leur action, que celle-ci soit dans les mouvements écologiques, sociaux ou pour augmenter l'âge de la retraite. Nous ne devons pas avoir peur d'intégrer des actrices et des acteurs dans notre débat public.
Nous avons déjà fait dans cet hémicycle le débat sur le fond. Je ne m'y attarderai donc pas, mais je souhaite souligner l'étude qui a montré, par une comparaison entre cinq pays, que plus le droit de vote est concédé tôt, plus le taux de participation augmente.
Et cela n'est pas rien. Enfin, j'aimerais rajouter la chose suivante: les opposants à cette initiative, dans les commissions, s'appuient désormais sur une consultation des cantons et le désaccord majoritaire de leur part à ce sujet. C'est un peu hypocrite, puisque, comme déjà dit, il y a eu un autre sujet lors de cette même session pour lequel l'avis des cantons n'a absolument pas compté; les opposants ont même voté contre l'avis des cantons.
Mais ne nous cachons pas derrière le fédéralisme pour justifier des orientations politiques. Nous devons absolument intégrer et reconnaître l'apport de notre jeunesse à notre pays. Cet hémicycle s'est montré une première fois ouvert; gardons ce cap.