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Python Valentine · Nationalrat · 2023-06-13

Python Valentine · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2023-06-13

Wortprotokoll

J'ai déposé en septembre 2021 déjà la présente motion demandant au Conseil fédéral un renforcement et une adaptation de la formation professionnelle et continue des agricultrices et agriculteurs, afin d'y intégrer les objectifs de développement durable 2030, en particulier pour ce qui concerne l'adaptation aux conséquences du réchauffement climatique. Le secteur et les personnes y oeuvrant sont en effet particulièrement vulnérables face à l'augmentation de la fréquence et de l'intensité des évènements météorologiques extrêmes. La sécheresse de l'année passée ne sera plus exceptionnelle, puisque nous savons que l'augmentation des gaz à effet de serre et de la température globale qui l'accompagne va se poursuivre.

La raréfaction de l'eau est alternée par des épisodes de pluie intenses, exactement comme en 2021. De plus, les températures douces en hiver entraînent un démarrage plus précoce de la végétation, l'exposant ensuite aux gelées matinales. Les épisodes de grêle sont de plus en plus sévères et les organismes ravageurs sont favorisés par les plus hautes températures. Les animaux d'élevage souffrent et le fourrage se fait rare. La situation est d'autant plus inquiétante que ces conditions se répercutent sur la productivité agricole. Dans ces circonstances, il est urgent d'adapter la formation initiale et continue des professionnels du secteur, qui devrait inclure une compréhension globale de la crise climatique et écologique, de ses conséquences et de ses effets sur l'agriculture.

Les avantages d'un système alimentaire durable et productif doivent également être transmis. Les modèles alternatifs [PAGE 1281] offrant des solutions durables et résilientes doivent être promus, comme le recommandent les experts du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. Des exercices théoriques et pratiques pour connaître les aspects de la crise climatique et des solutions durables avec les autres acteurs du système agroalimentaire devraient faire partie intégrante de la formation professionnelle.

Les agriculteurs doivent être préparés aux défis auxquels ils sont confrontés en ce qui concerne la production alimentaire au 21e siècle et la crise climatique actuelle, ainsi que son aggravation à moyen terme, et être dotés des compétences et des connaissances nécessaires.

L'éducation doit comprendre la crise climatique, ses conséquences et ses impacts sur l'agriculture et le défi d'un système alimentaire durable et productif. Une plus grande attention devrait être accordée à la conservation des ressources et à une culture alimentaire durable et diversifiée. Des méthodes agro-écologiques devraient être introduites et apprises, ainsi que des compétences pour comprendre les impacts locaux de la crise climatique et les possibilités d'adaptation.

L'agroforesterie, par exemple, qui consiste à planter des arbres au sein des cultures, à réinstaller des haies vives, à conjuguer pâtures, cultures et plantes pérennes - arbres, en particulier - apporte d'excellents résultats. Les températures sont limitées par l'ombre des arbres. La préservation des sols, du système racinaire et des symbioses avec des microorganismes permet une bien meilleure résilience face aux sécheresses et aux nouvelles maladies. Ces systèmes mixtes impliquent un renoncement maximal aux substances chimiques agressives, mais misent sur les synergies et les associations bénéfiques entre plantes.

La durabilité, c'est aussi la durabilité économique et sociale. Une formation durable devrait par conséquent également aborder les concepts de prix équitable et de transparence des filières. Ces objectifs figurent d'ailleurs dans notre stratégie pour le développement durable 2030: "Accroître la durabilité le long de la chaîne de création de valeur dans le domaine alimentaire", mais ne sont malheureusement pas repris dans le plan d'action.

Le Conseil fédéral, en matière de formation professionnelle, s'en remet exclusivement aux organisations concernées, dont les offres de formation sont déterminées par les besoins du marché du travail. Or, force est de constater un manque d'anticipation des impacts du réchauffement climatique sur le secteur agricole malgré les nombreux avertissements de la communauté scientifique.

Une formation professionnelle durable, c'est aussi une capacité renforcée de travailler ensemble, avec tous les acteurs concernés, afin que les progrès scientifiques puissent profiter le plus vite possible à nos productrices et producteurs agricoles. Nous le voyons chaque année depuis 2015, les solutions doivent être connues et accessibles dès à présent pour les agriculteurs. Il ne s'agit aucunement de peser davantage sur le secteur et les personnes qui y travaillent, mais bien de les soutenir au mieux via une formation adaptée au contexte du réchauffement climatique et proposant des mesures concrètes. C'est pourquoi cette motion a été signée par des représentants de tous bords politiques.

Au vu de tous ces arguments, je vous prie de soutenir ma motion.