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preparatory:AB 324740

Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2023-09-13

Wortprotokoll

J'aimerais vous remercier, Monsieur Dittli, pour cette interpellation. Elle intervient au bon moment, sur un sujet qui nous préoccupe. Avec la phase aigüe de COVID-19, on a mis en place beaucoup d'éléments de reconnaissance et de suivi, de monitorage, pour le COVID-19. Ces éléments ou ces outils pourraient certainement être étendus à d'autres agents pathogènes - cette discussion se déroule également -, de manière à avoir un meilleur suivi de ce qui se produit dans le pays.

Dans ce cadre, vous connaissez le monitorage des eaux usées; vous en avez parlé. Il s'agit d'un élément que l'on a un peu découvert dans notre pays pour une utilisation à large échelle, alors que cela existait déjà auparavant. La surveillance hospitalière est également un élément important. Le réseau Sentinella était aussi préexistant, avec 170 médecins généralistes actifs. Ce réseau n'est pas nouveau, mais il a pu s'adapter très vite aux nouveaux besoins durant la crise. On a aussi le transfert automatisé numérique des données de déclaration à caractère obligatoire. Beaucoup d'évolutions et de choses se produisent.

Il y a deux éléments sur lesquels j'aimerais encore insister et qui me paraissent extrêmement importants.

Le premier est un élément de politique nationale. Evidemment, l'analyse de la crise et, ensuite, les mesures à prendre pour améliorer la situation vont se réaliser dans le cadre de la révision totale de la loi sur les épidémies. Celle-ci datait des années 1970. Totalement dépassée, elle a été complètement revue en 2012; une votation populaire a suivi en 2013 et est entrée en vigueur en 2016. On ne peut d'ailleurs que se féliciter d'avoir eu ce texte au moment où la pandémie de COVID-19 a éclaté, parce que, sinon, je ne sais pas comment on aurait pu gérer cette situation, en tout cas cela aurait été probablement assez chaotique. Maintenant, une révision complète de la loi est prévue, et dans celle-ci, il y a la consultation, qu'on espère ouvrir bientôt. Ensuite, cela devrait passer au Parlement, avec des débats que l'on imagine pas tout simples, et on espère viser une entrée en vigueur vers 2027, soit dans quatre ans. Là, il y a toute la discussion sur ce qui peut être financé et ce qui doit être fait pour garantir un suivi plein et entier.

L'autre élément qu'il ne faut pas sous-estimer, c'est qu'on aurait pu avoir, sur le plan national, tous les systèmes de surveillance qu'on voulait, c'est en fait relativement rare - je n'ai pas d'exemple de cas important - qu'une pandémie éclate chez nous. Cela ne commence pas à Bâle ou à Berne; toutes les épidémies qu'on a vues ces dernières années, puis la pandémie, ont commencé ailleurs, même assez loin souvent, et se sont déplacées ensuite. Ce qui nous a le plus aidés à voir arriver la situation, ce n'est pas tellement un monitorage du COVID-19 dans les eaux usées début 2020; il n'y avait rien. Ce qui nous a aidés, c'était le fait de recevoir des informations sur ce qui se passait dans d'autres pays, notamment des informations de l'OMS, parce qu'il n'y a pas d'alternative.

Un nouveau pathogène problématique, comme ce que l'on a vu avec le coronavirus, peut apparaître n'importe où dans le monde, et se diffuser ensuite. Il est donc beaucoup plus important, à ce moment, afin d'être bien préparé et de voir ce qui arrive, de recevoir l'information. Je dois vous avouer être assez inquiet par rapport à la discussion qui existe aujourd'hui à propos des critiques envers l'OMS et de la coordination internationale sur la circulation des informations. Toute une discussion a commencé à l'OMS sur la manière de faire pour être mieux préparé à l'évolution d'une crise sanitaire ou à l'apparition de nouvelles crises sanitaires. Des voix critiques s'élèvent pour dire de faire attention, car on déléguera des compétences au plan supranational. Il n'en est rien, rien du tout. La critique pose par contre problème, car elle empêche le développement de bons outils, qui nous permettraient d'avoir suffisamment accès à des informations fiables pour ensuite pouvoir réagir.

Je ne dis pas que cela se passerait toujours comme dans le cas du COVID-19, mais souvenez-vous-en: on a été informé de ce qui se passait en Chine, mais les informations étaient très lacunaires. On ne savait pas si elles tenaient la route - tout cela a d'ailleurs été analysé par les Commissions de gestion et d'autres acteurs. Cela s'est rapproché, puis il y a eu la situation en Italie, le nord de l'Italie, etc. Le suivi en Suisse de manière stricte n'aurait donc pas servi à grand-chose pour reconnaître très tôt le problème. Par contre, cela est très utile pour pouvoir l'accompagner, pour gérer au mieux les mesures et pour comprendre ce qui se passe dans le pays. On a développé beaucoup d'outils pouvant être utilisés en cas de nécessité.

Je voulais le préciser, parce que, dans l'interpellation, vous avez notamment mentionné le manque d'informations lorsque de nouveaux pathogènes apparaissent. Vous avez mentionné la variole du singe ou les virus respiratoire syncytial humain (VRS) dans l'interpellation. Ce n'est pas chez nous non plus que la variole du singe est apparue en premier. On a donc besoin d'informations qui dépassent les frontières nationales. Il nous faut alors deux éléments: un très bon réseau international, qui fonctionne et qui livre des informations fiables, et une très bonne organisation nationale pour gérer la situation chez nous. Cet élément international manque un peu dans la discussion que nous avons maintenant; c'est pour cela que je voulais le mentionner. [PAGE 736]

Tout cela arrive au Parlement, avec la révision complète de la loi sur les épidémies. Cela sera certainement l'occasion de prendre toutes les mesures adéquates pour faire le mieux possible durant les prochaines années.