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Juillard Charles · Ständerat · 2023-09-13

Juillard Charles · Ständerat · Jura · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2023-09-13

Wortprotokoll

Ma demande est fondée sur un constat partagé par beaucoup d'acteurs, à savoir que la Suisse souffre d'un manque très important de médecins, de généralistes en particulier, comme de certains spécialistes. Les régions éloignées des grands centres souffrent encore davantage. L'inquiétude des populations, qui ne trouvent plus de médecins généralistes, est perceptible, et nous devons y apporter une réponse. Cette situation est préoccupante à plus d'un titre. En effet, si l'on tient compte du vieillissement de la population, de l'évolution démographique, qui est globalement positive, et de la volonté des jeunes médecins de travailler à temps partiel, il est évident que la Suisse manque déjà aujourd'hui de nombreux médecins, voire d'autres professionnels de la santé.

Les autorités des régions les plus concernées rivalisent de projets pour attirer et accueillir de jeunes médecins, comme l'ouverture de cabinets regroupant divers professionnels dans des locaux communs, mis à disposition à des tarifs très intéressants. Ceci permet à des jeunes de pouvoir s'installer sans se mettre trop de dettes sur le dos et de partager les frais administratifs, sans compter le partage des gardes à assurer. Le recours à des professionnels étrangers a ses limites, et les pays formateurs se sentent floués quand nous allons chercher de la main-d'oeuvre formée chez eux alors qu'ils en ont besoin. Ce sont quelques problèmes posés par la pénurie lancinante de personnel soignant, et en l'occurrence de médecins.

L'objectif de ma demande n'est pas de pousser la formation de nouveaux médecins et de nouveaux spécialistes à tout va. Nous savons à quel point l'offre peut créer la demande et ainsi contribuer à encore augmenter les coûts de la santé, dont nous avons beaucoup parlé préalablement. Il s'agit seulement de permettre le renouvellement des cabinets existants sur l'ensemble du territoire. Il n'y en aura pas plus, mais nous devons agir pour qu'il y en ait au moins autant et encore suffisamment pour s'occuper de la santé de la population de notre pays. Je reconnais également que les cantons ont un rôle à jouer en la matière. Comment l'exercent-ils? Cela sera également à vérifier. Je cite dans le développement écrit de mon postulat quelques pistes, qui doivent être examinées. Je n'y reviendrai donc pas.

Mais j'insisterai sur un seul point: l'urgence. Certes, c'est un mot très à la mode et souvent galvaudé, mais sachant qu'il faut environ dix ans de formation pour qu'un médecin soit opérationnel, et constatant que nous sommes déjà en pénurie, il faut trouver d'autres solutions au moins transitoires, comme peut-être une nouvelle répartition des actes sanitaires entre les différents acteurs ou un frein aux actes médicaux identiques pour la même personne, parce que celle-ci est transférée dans un autre centre de soin.

Lutter contre la multiplication des actes médicaux inutiles participera à mieux maîtriser les coûts de la santé, mais surtout libérera du personnel et des moyens médicaux, qui pourront être affectés à d'autres actes médicaux. Il ne s'agit ici que de quelques pistes de réflexion.

Je voudrais remercier le Conseil fédéral, qui propose d'accepter ce postulat, et je vous invite à en faire de même.