Lexipedia

Maillard Pierre-Yves · Ständerat · 2023-12-18

Maillard Pierre-Yves · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2023-12-18

Wortprotokoll

Madame la conseillère fédérale, excusez-moi d'intervenir lors de cette première session, mais Mme la présidente m'y a autorisé dans la mesure où je suis l'auteur de cette motion.

J'aimerais dire juste ici quelques mots. M. le président de la commission Damian Müller a très bien résumé la problématique. Je crois que personne ici ne nie l'importance du travail des proches aidants. Nous avons tous, dans nos histoires de vie, dans nos histoires de famille, vécu cette évolution de la société qui veut que le travail rémunéré prenne de plus en plus de place dans la vie des familles, ce qui fait que la disponibilité de la société pour aider un proche, pour aider un grand-parent, pour aider un enfant malade, s'est évidemment réduite, dans la mesure où maintenant, dans la plupart des familles, les deux parents, les deux adultes travaillent. C'est une évolution de la société que nous connaissons, et qui est d'ailleurs à bien des égards positive, mais qui a comme conséquence de rendre le travail pour les proches, le dévouement pour les proches toujours plus difficile.

Malgré tout, il y a des dizaines, des centaines de milliers de personnes qui, en plus du travail, aident un enfant malade, aident un parent atteint d'Alzheimer, aident un parent handicapé. Et ces personnes le font, évidemment, par amour pour leurs proches, dans une relation privée. Ils ou elles n'attendent souvent rien de l'Etat. Pour autant, cela ne veut pas dire que l'Etat ne peut pas faire quelque chose pour eux. Ce qui est fait dans les cantons qui ont lancé cette journée des proches aidants, c'est notamment de donner des conseils, donner des appuis, expliquer ce qui est à disposition pour les aider, éviter qu'ils ne s'épuisent dans cette situation et qu'à la fin leur aide ne soit plus possible. L'Etat peut donc faire quelque chose pour eux de léger, qui ne coûte quasiment rien: c'est du conseil.

Le seul point qui, au fond, pose problème dans cette proposition, selon le Conseil fédéral, c'est que ce n'est pas à lui de déclarer cette journée, parce que, dans d'autres cas, ce sont les associations elles-mêmes qui ont déclaré une journée nationale.

Mais, en l'occurrence, c'est justement l'Etat qui doit faire la démarche. Vous ne pouvez pas imaginer que les associations de proches aidants se remercient elles-mêmes. Ici, il s'agit non seulement de donner du conseil, mais aussi d'exprimer de la reconnaissance. L'Etat peut, parfois, simplement dire merci. C'est original, mais il peut le faire et, dans cette occasion, c'est bienvenu. Et les associations de proches aidants ne vont pas se dire merci à elles-mêmes. Ici, c'est bien l'Etat qui doit dire merci à celles et ceux qui font un effort, dans le domaine privé, soulageant le service public et les assurances sociales. C'est la raison pour laquelle on peut faire une exception et inviter le Conseil fédéral à déclarer le 30 octobre journée des proches aidants.

C'est la raison pour laquelle je vous invite à accepter cette modeste motion.