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AB 331825

Gapany Johanna · Ständerat · Freiburg · FDP-Liberale Fraktion · 2023-12-19

Wortprotokoll

Je reprends au vol la motion de notre collègue Français, motion qui aurait dû naturellement revenir à notre collègue vaudois, M. Broulis, mais il ne prend pas la parole durant cette première session, comme vous le savez.

Pour ma part, je salue la décision de la Commission des transports et des télécommunications, qui est une décision claire, prise à l'unanimité. Je ne rappelle pas le bilan d'Olivier Français pour le développement de la mobilité dans notre pays; il en a fait plus qu'il en a dit, et son travail, aujourd'hui, paie. [PAGE 1227]

D'ailleurs, le Conseil fédéral revient sur certains éléments qui ont avancé dans ce domaine. Il liste les éléments réalisés, mais le problème n'est de loin pas résolu. Et surtout - et c'est là-dessus que je tiens à insister -, ce n'est pas uniquement le problème des Lausannois et des Genevois, ni même celui des Romands uniquement: c'est notre problème à tous, c'est une lacune pour toute la Suisse, et la fragilité de ce tronçon affaiblit l'ensemble du réseau de Genève à Romanshorn, de Lausanne à Olten ou Zurich.

Le Conseil fédéral rappelle les faits, notamment une étude prospective relative au développement de l'axe Genève-Lausanne, qui inclut aussi des propositions concrètes pour le doublement de la ligne, et l'acceptation par le Parlement du projet de nouvelle ligne entre Morges et Perroy. Il faut quand même préciser que cette nouvelle ligne concerne 9 kilomètres sur les 66 kilomètres, donc on n'a pas encore résolu l'intégralité du problème. C'est une partie du travail, et on n'a pas atteint l'objectif de la motion. Atteindre l'objectif, c'est définir les mesures pour augmenter la redondance et la capacité sur la ligne entre Lausanne et Genève, c'est intégrer les mesures au programme d'aménagement, et c'est aussi prévoir les crédits nécessaires, parce qu'on parle clairement d'investissements.

C'est une solution que propose la motion. Tout comme l'intégralité de la Commission des transports et des télécommunications, je vous propose de l'adopter, notamment en pensant au restant de la ligne de Perroy à Genève, à l'évitement de Morges ou encore à la connexion sur Yverdon, Renens et Lausanne.

Le but n'est pas atteint: les usagers le savent, les CFF le savent et la Suisse tout entière le constate à chaque problème. Il faut se souvenir de certains problèmes récents, parce qu'on ne parle pas d'une ligne de bus qui atteint péniblement 10 pour cent de fréquentation, on parle d'une ligne fréquentée par plus de 70[NB]000 utilisateurs par jour - parfois cela peut aller jusqu'à 100[NB]000 utilisateurs. C'est une ligne qui a un impact même sur des villes comme Bâle, Zurich ou Lucerne lorsqu'il y a des problèmes. Il s'agit du seul tronçon d'importance nationale, hormis celui de Lugano-Chiasso, qui n'a pas de solution de secours.

On a connu le trou de Tolochenaz et la coupure de câbles du 9 novembre en gare de Renens. On connaît les fréquents accidents de personne. Des retards sont pris dans l'entretien et les pannes se multiplient sur les chantiers. Ces problèmes sont quotidiens pour toutes celles et tous ceux qui utilisent cette ligne, et ont des conséquences majeures, bien sûr organisationnelles, mais aussi financières.

Ce qui a été fait jusqu'à présent est une étape. Maintenant, le but est d'aller au bout de cette étape, donc de remplir intégralement la motion déposée en son temps par Olivier Français. Le Conseil fédéral le refuse jusqu'à présent, mais c'est une nécessité, pour nous, de rappeler que c'est une priorité. On est de plus en plus nombreux dans ce pays. Si on veut garantir la qualité de vie, on doit adapter nos infrastructures. On vit également un changement climatique. On rappelle chaque fois aux gens qu'il ne faut pas se déplacer avec leur voiture. Alors, il faut proposer des solutions pratiques et raisonnables. On vit dans un petit pays aux grandes ambitions, qui compte de nombreuses régions, qui relie particulièrement bien moralement et physiquement les cultures, les langues et les coutumes. On est dans un pays qui n'a pas d'autre solution que celle de vivre proche les uns des autres. Les problèmes d'une région, cette fois entre Lausanne et Genève, deviennent très vite les problèmes de tout le pays.

Je vous propose d'accepter la motion dans l'intérêt de notre pays; dans l'intérêt du développement d'un réseau cohérent.

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