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Vara Céline · Ständerat · 2023-12-19

Vara Céline · Ständerat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2023-12-19

Wortprotokoll

Comme vous l'avez sans doute lu, nous avons reçu une recommandation de l'Alliance-Environnement, qui s'oppose à l'adoption de cette motion que j'ai cosignée. J'aimerais rappeler quelques éléments qui doivent être aujourd'hui présentés dans ce débat pour que la suite éventuellement donnée à cette motion puisse être éclaircie d'un point de vue écologique.

Les événements extrêmes dus au changement climatique influencent de plus en plus la composition et la stabilité des forêts, ce qui est effectivement constaté partout, non seulement en Suisse, mais aussi ailleurs dans le monde. Ceci a surtout des conséquences négatives sur les fonctions de production, de détente et également de protection. Des interventions ciblées pour les limiter sont clairement nécessaires. Mais, attention, il ne faut pas oublier la fonction fondamentale, première, naturelle et d'habitat. La gestion des forêts doit être la plus proche possible de la nature, de façon à ce qu'elles puissent remplir leurs diverses fonctions.

Les événements naturels - des tempêtes, des avalanches et parfois même des incendies - offrent, parfois, une grande opportunité pour la biodiversité. Ils permettent l'établissement d'espèces de la phase pionnière et de la phase de décrépitude. Toute contribution pour l'entretien doit être liée à des critères de prestations écologiques, notamment pour favoriser la biodiversité.

Voici quelques points importants, dont il faut aujourd'hui se souvenir, notamment pour ce qui concerne les mesures proposées. Concernant les soins sylvicoles pour renforcer la stabilité des forêts: la stabilité des forêts est fortement liée à des interventions sylvicoles naturelles et ces interventions ne doivent surtout pas porter atteinte à la biodiversité forestière. Concernant les coupes de sécurité dans les forêts de détente: ces coupes de branches doivent être limitées au strict nécessaire et les troncs d'arbres et les branches coupées doivent être laissés au sol ou sur des tas pour favoriser, je le répète, la biodiversité. Enfin, concernant le rajeunissement forestier adapté au climat: ce rajeunissement doit se faire de façon naturelle en favorisant les essences indigènes aussi diversifiées que possible et adaptées à la station. La gamme des essences peut être élargie, par exemple avec des écotypes résistants à la chaleur et à la sécheresse, uniquement si cela est confirmé par une analyse fondée et crédible. Une simple conversion sylvicole, qui aurait pour but de planter d'autres espèces et des espèces exotiques, est à éviter.

C'est pourquoi je suis effectivement favorable à des moyens supplémentaires pour les forêts. Nous avions d'ailleurs accepté mon postulat, il y a de cela quelques années maintenant, au début de la législature précédente. Ce postulat visait à favoriser la biodiversité dans les forêts. Nous l'avions accepté et il a été mis en oeuvre dans le plan d'exécution.

C'est pour cela que je soutiendrai toutefois - malgré la position de l'Alliance-Environnement - la motion que j'ai cosignée. Comme le disait mon paysagiste à chaque fois qu'il venait tailler les arbres chez moi: "Quel est le meilleur moment pour planter un arbre ? Eh bien, c'était il y a dix ans". Nous devons investir aujourd'hui pour la forêt de demain et d'après-demain, pour les dizaines et centaines d'années à venir.