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Maret Marianne · Ständerat · 2024-03-11

Maret Marianne · Ständerat · Wallis · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2024-03-11

Wortprotokoll

Pourquoi faut-il soutenir la promotion des vins suisses? Pour vous convaincre, je pourrais parler de solidarité, de patrimoine, de paysage, ou tout simplement de fierté, afin d'éveiller votre patriotisme envers nos produits "Swiss made". Mais je vais simplement vous répondre qu'il s'agit d'un investissement qui rapporte à la Suisse. Sur les 237 millions de litres de vin consommés en Suisse, seulement 37 pour cent sont suisses, soit 88 millions de litres. L'objectif de la branche vitivinicole est de reprendre 4 pour cent de parts de marché aux vins étrangers. Cela a été dit. On parle ici non pas d'augmenter la consommation de vin suisse, mais simplement d'un transfert de 10 millions de litres de vin étranger au profit du vin suisse.

Gagner ce pari, c'est offrir à la Suisse 57 millions de francs de valeur ajoutée supplémentaire. Voici le calcul: 10 millions de litres de vin suisse vendus par le négoce au commerce de détail à 8 francs le litre génèrent près de 75 millions de francs de valeur ajoutée en Suisse. Une fois déduits les quelques produits phytosanitaires et oenologiques importés, 10 millions de litres de vin étranger importés et vendus au commerce de détail à 6 francs le litre, avec une marge hypothétique de 30 pour cent, génèrent 18 millions de francs de valeur ajoutée en Suisse. Ainsi, on peut partir du principe qu'un transfert de 10 millions de litres de vin étranger vers le vin indigène génère 57 millions de francs de valeur [PAGE 182] ajoutée en Suisse. Cela contribue concrètement au soutien du système suisse, puisque, naturellement, cela engendre davantage de rentrées fiscales, davantage de pouvoir d'achat, le maintien des emplois, la souveraineté alimentaire et, logiquement, moins de CO2, puisque les transports sont extrêmement limités.

Pour le vin, le système des contingents ne fonctionne pas. J'aimerais appuyer mon propos à ce sujet, parce que beaucoup d'intervenants ont pris la parole en faisant des analogies avec les autres secteurs de l'agriculture. Mais pour le vin, dès le début, les volumes prévus pour l'importation étaient trop élevés. Ils le sont encore davantage maintenant; il n'y a donc aucune mesure de protection pour notre production indigène. Le pompon - passez-moi l'expression - est le nouvel accord avec le Chili, qui a, du reste, été évoqué. Les demandes pour corriger les contingents d'importation ne sont pas acceptées. Maintenant, on nous dit qu'il ne faut pas agir de manière permanente en augmentant les moyens à disposition de la promotion. Les vignerons ne peuvent pas continuer ainsi; il faut des moyens mis régulièrement à leur disposition pour gommer les incertitudes. C'est l'objectif visé par cette motion.

Je voudrais encore évoquer le premier rapport de la commission: j'ai été très surprise lorsque j'ai lu qu'une partie de ses membres était contre le principe même de la promotion supplémentaire d'un produit potentiellement addictif. Le vin importé est-il sans alcool? Favoriser la consommation indigène, c'est de cela que nous parlons aujourd'hui et uniquement de cela. La branche ne veut pas davantage de consommation, mais davantage de consommation indigène.

Dans ce sens, je vous remercie d'accepter cette motion.