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Kolly Nicolas · Nationalrat · 2024-03-13

Kolly Nicolas · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2024-03-13

Wortprotokoll

Je m'exprime au nom du groupe UDC sur la révision de la loi sur le CO2 pour la période 2025-2030, qui est à nouveau soumise à notre sagacité. Les commissions de notre conseil et du Conseil des Etats ont beaucoup travaillé, mais des dernières divergences demeurent malheureusement. La Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie (CEATE) de notre conseil a voulu sans doute faire un dernier baroud d'honneur plutôt que de se plier au pragmatisme et au bon sens du Conseil des Etats sur cet objet. Le diable se cachant dans les détails, ces divergences ne sont cependant pas des moindres. Les[NB]principales concernent l'article 3 alinéa 2 et l'article 10 alinéa[NB]1.

Concernant l'article 3 alinéa 2, la CEATE-N se borne à vouloir encore et toujours fixer dans la loi un pourcentage élevé - 70 pour cent - de réduction des émissions qui devra être réalisée par des mesures prises en Suisse. Or, faut-il rappeler que la problématique liée aux émissions de CO2 est mondiale? Il faut agir prioritairement là où il est facile de réduire nos émissions, et bien souvent c'est à l'étranger. Il n'y a qu'à constater les parcs automobiles d'autres pays pour s'en rendre compte. Un franc investi à l'étranger aura plus d'impact qu'un franc investi en Suisse pour réduire nos émissions. Cela est du simple bon sens, et nous soutenons donc la version du Conseil fédéral et du Conseil des Etats, qui laisse la compétence au Conseil fédéral de fixer cette part de réduction autorisée à l'étranger, tout en rappelant que la loi impose toujours que celle-ci soit prioritairement réalisée dans notre pays.

Concernant l'article 10, là aussi la CEATE-N veut fixer dans la loi des objectifs qualifiés d'ambitieux. Nous les jugeons utopiques. Ces objectifs seront particulièrement problématiques pour les véhicules lourds, pour lesquels les alternatives n'existent pas. Aujourd'hui, le moteur thermique, efficace, reste la meilleure solution pour beaucoup d'utilisations, comme les poids lourds, les tracteurs ou d'autres véhicules utilitaires. Ces objectifs sont utopiques, car il faudrait électrifier au pas de charge le parc automobile suisse, oubliant au passage que pour faire fonctionner des véhicules électriques, il faudrait de l'électricité qu'aujourd'hui nous n'avons pas en suffisance.

La bonne nouvelle est que nous n'aurons d'autre choix que de miser à nouveau sur le nucléaire si l'on veut respecter les objectifs que nous nous fixons. La mauvaise est que pour les prochaines années, ce sera extrêmement difficile pour notre pays à cause de ce manque d'énergie. C'est une raison supplémentaire pour se concentrer dans un premier temps sur des mesures de réduction aussi effectuées à l'étranger.

Je vous invite donc, au nom du groupe UDC, à vous rallier au Conseil des Etats et donc à soutenir les différentes propositions de minorité.