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Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · 2003-05-07

Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2003-05-07

Wortprotokoll

Le tourisme joue un rôle économique très important dans ce pays et va probablement le jouer encore à l'avenir. Moi, je vais même plus loin que le Conseil fédéral en ce sens que je pense que certaines régions périphériques qui n'ont pas encore une grande tradition touristique ne pourront s'en sortir que par un accroissement de la part du tourisme dans la palette de leurs activités économiques. Je pense notamment à ces régions le long de la chaîne du Jura où la création d'emplois dans l'agriculture et l'industrie devient de plus en plus difficile; où cela devient difficile aussi avec les grands services comme les banques et les assurances qui concentrent de plus en plus leurs activités dans les grands centres; et bien sûr, ça devient difficile aussi au niveau des services publics, qui sont de plus en plus démantelés dans ces régions. [PAGE 681]

Par conséquent, je crois que le tourisme a encore un potentiel de développement important, mais pour cela, il doit miser sur la qualité, sur la formation, sur la diversification et sur l'accueil. Et de ce point de vue, je crois qu'il y a encore beaucoup de choses à corriger.

Je veux juste vous donner trois petits exemples. Comme beaucoup d'entre vous, je descends souvent à l'hôtel - à Berne par exemple - et le matin, quand je paie ma note, on me dit souvent: "Bonjour, Monsieur Rennwald, est-ce que vous avez pris quelque chose dans le mini-bar?", ce à quoi je réponds: "Madame, bien sûr, j'ai pris quelque chose dans le mini-bar. Je vais vous payer ce que j'ai pris, mais auparavant, vous auriez peut-être pu me demander si j'avais bien dormi."

Un deuxième exemple, c'est qu'il y a encore certains établissements qui refusent des cartes de crédit comme moyens de paiement et qui refusent aux clients, même à ceux qui prennent des bouteilles de vin assez chères, de leur servir une carafe d'eau.

Le dernier exemple, c'est vraiment le comble, c'est une affaire qui m'est arrivée il y a deux ans en Valais à l'Ascension où j'ai commandé à midi une assiette de viande séchée, et on m'a dit: "Nous n'avons plus de viande séchée." Je crois quand même que c'est un peu intolérable et c'est vous dire ce qui devait rester à manger dans ce restaurant le dimanche de l'Ascension. Si M. Couchepin, président de la Confédération, était encore là, je lui aurais fourni l'adresse.

Au-delà de ces anecdotes, je crois qu'il y a des considérations plus fondamentales. C'est que, dans ce pays, il y a beaucoup de gens qui vivent du tourisme, mais qui en vivent mal; des employés, bien sûr, mais aussi des petits chefs d'entreprise; et on voit que, selon la "Vie économique", le bas niveau des salaires est le principal obstacle à travailler dans ce secteur. En même temps, il y a des centaines de milliers de personnes dans ce pays qui n'ont pas les moyens d'aller en vacances parce qu'elles ne gagnent pas assez d'argent et parce que les prix sont trop chers.

Par rapport à ce que je viens de décrire, de façon brève, bien sûr, le projet qui nous est soumis n'est pas suffisant, il ne permet pas de résoudre ces problèmes et ces contradictions, pas plus que ne le peut le taux spécial de TVA qui, jusqu'ici, n'a pratiquement rien résolu. Je crois que l'alternative à cela, c'est effectivement de mener une grande offensive en matière de qualification et de formation professionnelle ainsi qu'une campagne de désendettement.

C'est précisément ce que demande la proposition de renvoi de la minorité Strahm, que je vous demande, au nom du groupe socialiste, de soutenir.