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Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2003-06-04

Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2003-06-04

Wortprotokoll

Depuis les débuts de la coopération au développement, à la fin des années cinquante et au début des années soixante, le groupe libéral des Chambres et le Parti libéral en général ont été de fervents partisans de cet effort de solidarité et, je dirai, de sécurité. Je suis d'ailleurs tout à fait à l'aise, étant membre de la Commission de la politique de sécurité, de venir défendre ce projet-là. Car il s'agit bel et bien d'une sécurité à long terme pour le monde que d'essayer de faire en sorte que les pays qui sont en marge de ce qu'on appelle la mondialisation et les échanges mondiaux, puissent dans de bonnes conditions pénétrer dans ce que j'appellerai cette aspiration au développement général du monde.

Alors, nous sommes tout aussi éloignés de M. Schlüer ou de M. Mörgeli que de M. Rennwald, parce que nous croyons en effet que les investissements privés sont extrêmement importants pour le développement. Et, alors que les anti ou altermondialistes n'ont cessé de vitupérer contre cette mondialisation qui ne ferait que le lit des intérêts privés, au service desquels seraient d'ailleurs les gouvernements des pays riches, on a entendu, et vu peut-être pour certains, l'interview du président du Sénégal. C'était extrêmement intéressant. Le journaliste, naturellement, n'avait qu'une envie, c'était de faire dire au président du Sénégal que les investissements privés, c'était l'horreur et l'arme des riches, et que seule, naturellement, l'aide publique, l'aide à fonds perdu était utile pour ces pays. Eh bien, malheureusement pour celui qui l'interrogeait, le président du Sénégal a dit tout le contraire. Il a dit: "Vous savez, moi, ce que je souhaite, c'est que mon pays attire des investissements privés utiles qui aient un effet multiplicateur, car je crois que cela est indispensable", tout en ajoutant: "Naturellement, les pouvoirs publics de mon pays ont la responsabilité de permettre que des infrastructures de base puissent favoriser ensuite l'efficacité de ces investissements privés."

Alors, à M. Mörgeli et à M. Schlüer, je dirai que c'est quand même faux, totalement faux de croire que seuls des investissements privés pourraient être utiles et qu'il ne faut surtout pas de coopération au développement de base, alors que l'on sait qu'il y a des besoins de base à couvrir et des impulsions nécessaires à donner pour que précisément, ensuite, ces pays, des pays pauvres qui parfois s'enfoncent de plus en plus, deviennent des pays émergents qui participent aux échanges mondiaux.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, je dirai, nous désirons que les différents éléments de la coopération au développement s'articulent dans un esprit de synthèse. Nous saluons ce message qui semble en effet aller - on en a l'impression de message en message - vers une complémentarité des différents éléments qui est de plus en plus visible, cette idée que les infrastructures de base puissent justement permettre un développement durable, cette idée aussi d'un désendettement. Dans le message, on parle de dons ou de contributions non remboursées. On devrait plutôt dire de renoncements au remboursement, car je ne crois pas en effet qu'il faille tellement insister sur les dons qui ne sont pas forcément productifs, mais parfois plutôt sur des renoncements au remboursement de la dette. On va donc vers l'idée de cette efficacité.

Quand il le faut et de manière pragmatique, j'aime également cette idée de partenariat privé public. Par conséquent, je crois aussi qu'il y a cet équilibre débat/pré-débat. Sur ce sujet, que n'a-t-on pas dit des avantages du bilatéralisme par rapport aux avantages du multilatéralisme! Il est évident qu'il faut que les deux aspects atteignent un équilibre que je n'ai pas, comme simple député, à préciser, mais que le Conseil fédéral et la Direction du développement et de la coopération ont à nous expliquer, ce qu'ils font de fois en fois.

Je crois aussi, comme l'a dit Mme Zapfl, qu'il est véritablement très important qu'il y ait une coordination entre les différents départements. Un domaine comme la sécurité est un tout qui doit impliquer tous les départements; de même, la coopération au développement forme un ensemble qui doit impliquer plusieurs départements; le vôtre et le département que vous dirigiez auparavant, Monsieur le Conseiller fédéral, sont évidemment ceux qui, au premier chef, doivent travailler en coordination.

C'est la raison pour laquelle le groupe libéral vous invite à suivre la majorité de la commission.

Pour finir sur un mode un peu plaisant, Monsieur le Conseiller fédéral, avec toute mon admiration et tous les remerciements pour votre service de coopération au développement général, je rappellerai simplement que la Jordanie n'est pas en Afrique et que, par conséquent, il serait peut-être bon, dans le tableau qui nous a été distribué avec le message, de déplacer d'un continent à l'autre ce pays qui est cher à nous tous.