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Kolly Nicolas · Nationalrat · 2024-09-17

Kolly Nicolas · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2024-09-17

Wortprotokoll

Au printemps passé, le monde paysan s'est fortement mobilisé afin d'alerter sur ses conditions de travail. La pression sur le prix et sur le revenu est toujours plus forte et, en parallèle, les exigences, en particulier bureaucratiques et étatiques, sont également toujours plus importantes. Aujourd'hui, la coupe est pleine et le monde paysan n'en peut plus. On ne peut pas tirer toujours plus sur la corde, imposer toujours plus de travail et toujours plus d'exigences à nos paysans pour des revenus et des paiements directs à la baisse. Oui, car chaque année, le montant que perçoivent nos agriculteurs diminue inlassablement. Comble du comble, lorsque la Confédération met en place certains programmes rémunérés et que nos agriculteurs jouent le jeu, investissent et tentent de s'adapter aux exigences - pour ne pas dire aux caprices - de l'OFAG, on leur répond qu'ils ne seront pas payés, faute de financement, comme pour le programme de bien-être animal SST. Quel mépris pour le travail de nos paysans! Serait-ce envisageable, la prochaine fois que la Confédération exige du travail de nos paysans sans financement, que ce soit ceux qui ont exigé ce programme qui payent la facture? Non, jamais; ce ne sera jamais le salaire des fonctionnaires de l'administration fédérale qui baissera. C'est plus facile de couper dans les paiements directs - d'en haut, c'est indolore -, cela sans avoir une idée des conséquences dans les fermes de nos familles paysannes. Visiblement, la colère paysanne n'a pas encore été entendue à Berne.

Nous devons être cohérents. Aujourd'hui, il y a lieu de sursoir à toute nouvelle exigence, notamment bureaucratique, à l'égard du monde paysan. Nous devons laisser nos paysans se concentrer sur leur travail, soit produire de la nourriture de qualité pour notre population en prenant soin de notre nature et de leurs animaux. Arrêtons de vouloir transformer nos paysans en fonctionnaires fédéraux; leur place est dans les champs, dans leurs fermes, pas derrière des ordinateurs. L'introduction du monstre bureaucratique Digiflux n'est pas justifiée: il n'amènera rien, d'un point de vue matériel, par rapport aux exigences imposées à l'agriculture, si ce n'est que nous demanderons à nos paysans de prouver et de justifier encore davantage. Combien de nouveaux contrôles agricoles faudra-t-il mettre en place afin de fliquer nos agriculteurs, une fois votre nouveau programme informatique et bureaucratique Digiflux en vigueur? Au passage, les environ 8 millions de francs dépensés pour mettre en place ce programme auraient été bien mieux investis en les donnant aux familles paysannes.

Ces familles paysannes méritent maintenant un peu de répit. Tout travail mérite salaire, sauf pour nos paysans, visiblement. Alors, de deux choses l'une: soit on finance le travail administratif supplémentaire que nous ne cessons d'exiger d'eux, soit nous constatons ne pas en avoir les moyens, comme c'est le cas aujourd'hui, et nous renonçons alors à toutes ces nouvelles exigences, dont celle portant sur l'utilisation du programme Digiflux comme obligation d'annonce des produits utilisés. Cette obligation va même jusqu'à exiger de nos paysans qu'ils fassent des inventaires de leur fourrage concentré, qu'ils donnent en complément pour leurs [PAGE 1641] animaux, et qu'ils annoncent toute entrée d'aliments concentrés sur leurs exploitations agricoles. Cela va beaucoup trop loin et est en totale inadéquation avec la réalité que vivent nos paysans. Les saisons ne se ressemblent pas. Les besoins en compléments alimentaires évoluent en fonction des récoltes. Aujourd'hui plus que jamais, le monde paysan n'arrive plus à faire face à ce que nous exigeons de lui. Je crois que vous en êtes conscient, Monsieur le conseiller fédéral. Je suis par contre moins sûr qu'il y ait cette prise de conscience dans les offices fédéraux.

Mais il a lieu de maintenant de passer de la prise de conscience aux actes. Cela nécessite une décision claire du Parlement. Il en va - et je pèse mes mots - de la survie de notre agriculture. Nous ne pouvons pas continuer ainsi. Aujourd'hui, la priorité doit être mise pour stabiliser toutes les exigences administratives et écologiques imposées au monde paysan depuis l'introduction des paiements directs. Il est scandaleux qu'aujourd'hui le contrôle du bien-être de la nature et de la protection des animaux se fasse au détriment du bien-être de nos paysans, qui, je l'ai dit, n'en peuvent plus. De par les exigences bureaucratiques disproportionnées et des contrôles exagérés que nous leur imposons, nos paysans ne sont plus les entrepreneurs qu'ils devraient être, mais sont devenus les boucs émissaires d'une fuite en avant bureaucratique.

Seul le Parlement peut corriger cela. C'est ce que je vous demande de faire en acceptant cette motion. Nos agriculteurs méritent plus de considération et de confiance. Je vous remercie de votre soutien à cette motion.