Broulis Pascal · Ständerat · 2024-09-18
Broulis Pascal · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2024-09-18
Wortprotokoll
J'ajoute quelques éléments pragmatiques. D'abord, je trouve toujours dommage - c'est le rôle de la politique - d'avoir des textes sur lesquels on doit prendre position et, au final, de se mettre un peu dans l'embarras. Il nous faut dire oui ou non. On voit bien que dire oui signifie se mettre dans une situation implicite de fragilité. En disant non, on pourrait commencer à débattre de façon illimitée sur cette notion de neutralité.
Si j'écoute certains d'entre vous, je me dis que le renforcement de l'armée à hauteur de 1 pour cent du PIB est largement insuffisant. Si vous acceptez cette motion, il faut commencer à débattre de 2 pour cent du PIB et non pas de 1 pour cent. Faire cavalier seul, c'est possible: on peut partir seuls et avoir notre propre armée, notre propre défense et nos propres armes, que l'on produira nous-mêmes. Dans ce cas, on peut investir 2 pour cent du PIB. On n'est même pas capable d'atteindre ce chiffre de 1 pour cent du PIB et on s'écharpera ces prochains mois et ces prochaines semaines sur cette question budgétaire.
Il faut de la cohérence: on est plus seul au monde. On a acheté des F-35. Quand on achète des avions, on fait un choix stratégique, militaire et implicitement cohérent en matière d'alliance. Autrement, on aurait pu prendre un avion russe et on aurait eu un autre aspect: on se serait formé sur un avion russe. On a pris un avion américain, qui s'intègre pleinement sur le territoire européen et occidental. Quand on fait ce choix stratégique d'un avion, implicitement, on doit aussi le tester.
L'article 5 du Traité de l'Otan n'a rien à voir avec la question posée; nullement. On interagit avec d'autres armées européennes. On teste. Quand on parle de militaires dans le domaine de l'aviation, ce sont des professionnels. Aujourd'hui, il n'y a plus de milice dans l'aviation. Avec le peu d'avions que l'on achètera, on s'intègrera pleinement dans un dispositif territorial. D'ailleurs, on a précédemment accepté des éléments qui touchent au WEF. Le WEF correspond également à un positionnement stratégique. Quand on parle du WEF et de sa défense, il nous faut des avions. Quels avions? Ceux que l'on a achetés, qui doivent voler 24 heures sur[NB]24. Rappelez-vous du débat que l'on a eu il y a quelques années sur le fait que les militaires suisses avaient un temps limité en matière d'engagement.
Si nous acceptons cette motion, nous nous mettons nous-mêmes dans une situation embarrassante, parce qu'après, il y aura un débat sans fin pour savoir où l'on met la limite concernant la neutralité. Le monde évolue; le monde change. Il faut avoir un tout petit peu d'intelligence si l'on veut simplement avoir un budget à hauteur de 1 pour cent et non pas de 2 pour cent du PIB. Je vous encourage à faire comme la commission, qui a eu un débat très serein et calme. D'ailleurs, j'étais surpris du résultat du vote.
Au final, la commission s'est prononcée à l'unanimité pour le rejet de cette motion; je vous encourage à en faire de même.