AB 345105
Baume-Schneider Elisabeth · Bundesrat · Jura · 2024-09-19
Wortprotokoll
Je vous prie de continuer à suivre la proposition initiale, la proposition du Conseil fédéral. Le Conseil aux Etats et la majorité de votre commission mentionnent qu'il est important de ne pas réduire les moyens de la fondation Pro Helvetia, respectivement de maintenir la somme initialement proposée. Je précise et j'indique, par rapport aux différentes interventions, que le Contrôle fédéral des finances (CDF) observe et contrôle régulièrement les activités en fonction du mandat de Pro Helvetia. On constate que les coûts administratifs sont totalement dans la marge prise en considération dans les différentes normes en la matière. Le rapport annuel démontre que la fondation utilise ses fonds de manière efficiente: 86,8 pour cent de l'ensemble des fonds sont alloués à des projets culturels. La valeur ZEWO est fixée à 13 pour cent par le Conseil fédéral, nous sommes donc tout à fait dans cette marge, et cela a été mentionné par différentes personnes à la tribune.
L'aide qui est versée concerne directement les acteurs culturels, soit dans le cadre du rayonnement de la culture au sein de la Confédération, soit par rapport à la diversité et à la richesse de nos régions linguistiques, mais également pour tout ce qui concerne la culture populaire et la création. Cela a été dit: si on soutient des artistes suisses en Suisse pour diffuser leur création à l'étranger, cela permet aussi à ces artistes de travailler, car le marché de notre pays s'avère, au vu des quatre langues nationales, parfois trop modeste.
Pro Helvetia a donc une mission très claire de rayonnement au sein de la communauté en Suisse, mais aussi à l'étranger. Et je me suis permis de faire une comparaison au niveau d'une stratégie culturelle d'un pays voisin. Ainsi, si on prend l'exemple du Goethe-Institut en Allemagne, dont la mission pourrait être un peu comparable, on constate que, pour la diffusion de la culture allemande à l'étranger, le Goethe-Institut gère 151 instituts dans 98 pays, avec plus de 4300 collaboratrices et collaborateurs et un budget de 379 millions de francs.
Comparaison n'est pas raison, mais la situation actuelle de Pro Helvetia n'est pas confortable ou excessivement confortable; elle correspond aux objectifs et au mandat que lui fixe la Confédération.
Je voudrais encore indiquer de manière très pragmatique différents éléments qui ont été pris en considération et discutés depuis le début du traitement de ce message. Durant l'été, différentes difficultés ou appréciations sont apparues au sujet des économies et des coupes budgétaires proposées par Pro Helvetia, en particulier pour l'Institut Suisse de Rome et pour le Palazzo Trevisan.
Nous avons pu observer, indépendamment de l'indépendance financière et institutionnelle de Pro Helvetia, à quel point ces questions qui concernent "l'italianità" étaient également des questions institutionnelles, identitaires, qui concernent non seulement le Tessin, mais la Suisse et la représentation de la Suisse en Italie. Nous nous sommes engagés, sur la base d'un mandat donnant suite à une proposition déposée par la conseillère nationale Sauter, à clarifier ces questions d'ici la fin de l'année et à préciser les options qui auront été retenues.
Je peux d'ores et déjà vous informer que, pour l'Institut Suisse de Rome, un accord de principe a été trouvé, avec une approche positive et favorable de l'institut, et que, pour le Palazzo Trevisan, un groupe de travail réunissant le DFAE, mon département et l'office qui s'occupe de tout ce qui concerne les locations et les propriétés de la Confédération, travaille à une solution concertée.
Au vu de ce qui précède, et par rapport à la proposition de la minorité Freymond, qui est extrêmement importante et significative pour le budget - je pense notamment aux antennes de Pro Helvetia -, je vous remercie de suivre la majorité de votre commission et la proposition initiale du Conseil fédéral. Et je peux assurer M. le conseiller national Freymond que je l'ai écouté avec beaucoup d'attention.