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Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · 2024-09-19

Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2024-09-19

Wortprotokoll

Le titre est certes un peu provocateur, mais l'important est de rester sérieux sur une thématique qui nous concerne toutes et tous, en particulier l'agriculture, qui fait d'énormes efforts sur[NB]ce[NB]sujet.[NB]Il[NB]est[NB]bon[NB]de[NB]le[NB]rappeler, parce que les bonnes pratiques existent, et il faut plutôt traquer celles qui sont mauvaises.

La motion que je présente charge le Conseil fédéral de prendre des mesures concernant les conditions d'utilisation des herbicides, en particulier l'interdiction de la pulvérisation sur les cultures ou les plantes en fleurs. Ces mesures doivent aussi concerner l'affichage obligatoire et bien visible de ces restrictions sur les emballages de ces produits.

Pourquoi entreprendre cette démarche? Parce que ces herbicides, notamment le glyphosate, lorsqu'ils sont utilisés directement sur les plantes en fleurs, posent de nombreux problèmes, en particulier pour les abeilles et les autres pollinisateurs qui se nourrissent du nectar et du pollen de ces fleurs. Les dommages associés à cette pratique conduisent à l'affaiblissement des insectes, avec un impact direct sur l'environnement, et à la contamination du miel. C'est sous cet angle que je vous propose cette motion.

On peut se demander pourquoi faire cette démarche aujourd'hui. D'ailleurs, la réponse de l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) est très claire: sa direction a relevé que la pulvérisation d'herbicides sur des prairies en fleurs en présence de pollinisateurs était exclue des bonnes pratiques en agriculture et ne présentait, de plus, aucun intérêt agronomique. De son côté, le Conseil fédéral nous dit que quiconque utilise des produits phytosanitaires de manière non conforme aux prescriptions et aux restrictions d'utilisation, ou sans observer de bonnes pratiques phytosanitaires, est punissable. Il est important de le dire et d'entendre ces propos de l'OFAG et du Conseil fédéral.

Là où le bât blesse, c'est que peu ou pas de contrôles ont lieu sur le terrain. Comment est-ce qu'on voit qu'il n'y a pas ou peu de contrôles? Tout simplement parce qu'on trouve des résidus de ces pesticides et de ces herbicides dans les miels. Et c'est ce qui m'a amenée à faire cette proposition. L'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) avait publié un rapport qui démontrait que 15 miels sur 16 présentaient de très faibles résidus de glyphosate. Toutefois, plusieurs cas de contamination excédant la norme de 0,5 mg de glyphosate par kilo de miel, en production conventionnelle, avaient été constatés.

On le sait, le glyphosate a été classé comme cancérigène probable par le Centre international de recherche sur le cancer, seule instance indépendante à s'être prononcée sur ce produit. D'ailleurs, sous la pression de différents lobbys, les instances européennes refusent encore de le considérer comme tel.

La question qui se pose ici, c'est surtout la question des contrôles. C'est important, et je pense que c'est aussi important pour soutenir les bonnes pratiques dans l'agriculture. Parce que les bonnes pratiques à ce sujet existent, elles sont encadrées par l'OFAG. Mais on doit aussi admettre que, malheureusement, ces bonnes pratiques ne sont pas toujours appliquées, et cela a des conséquences jusqu'au fond de nos pots de miel.

Cette motion est donc pleinement justifiée pour, naturellement, protéger les abeilles, protéger notre alimentation, reconnaître à leur juste valeur les bonnes pratiques qui sont, elles aussi, une réalité.