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AB 345791

de Quattro Jacqueline · Nationalrat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2024-09-24

Wortprotokoll

Notre politique d'asile n'est plus adaptée aux défis du monde globalisé du XXIe siècle. Il est indiscutable que les personnes qui ont droit à l'asile et à notre protection doivent être soutenues dans le respect de notre tradition humanitaire. Mais, en plus des personnes persécutées, ce sont de plus en plus de réfugiés économiques qui arrivent chez nous. Si aucune mesure n'est prise pour endiguer l'immigration illégale, l'acceptation de notre politique d'asile par la population risque de s'éroder sérieusement.

Le nombre de demandes d'asile en Europe a fortement augmenté. Certains pays voisins, dont l'Allemagne, restaurent les contrôles à la frontière. La Suisse doit dès lors veiller à ne pas devenir trop attrayante pour la migration illégale. La prise d'otage dans un train près d'Yverdon par un requérant d'asile, les incessantes incivilités autour des centres fédéraux, que ce soit à Boudry ou à Chiasso, le tourisme médical de certains et l'exaspération grandissante de certains cantons ou communes et de leur population illustrent bien les faiblesses et les dysfonctionnements qui règnent dans le monde de la migration.

Pour toutes ces raisons, je demande au Conseil fédéral de mettre en place rapidement une task force Asile qui s'occupera de la gestion des défis dans ce domaine important et proposera des mesures adéquates afin de prévenir les crises, endiguer les abus et faciliter l'intégration. [PAGE 1813]

Cette task force doit réunir des représentants choisis par les autorités fédérales compétentes, les cantons, les communes, les organisations non gouvernementales et des experts indépendants. Notre ancienne collègue, Isabelle Moret, aujourd'hui conseillère d'Etat vaudoise en charge de l'asile, demande, elle aussi, un tel instrument, elle qui est confrontée directement aux problèmes de l'asile dans notre canton. Avoir un organe stratégique afin de maîtriser les fluctuations migratoires et les planifications d'urgence nous paraît indispensable. Une task force Asile permettrait de garantir une collaboration optimisée entre les différents acteurs, mais également d'identifier et de gérer les défis à temps. Une approche coordonnée et ciblée contribuerait à améliorer la qualité des procédures d'asile, à accroître l'efficacité de la procédure et à promouvoir l'intégration des personnes ayant droit à notre protection.

Il n'est pas question de mettre en place une usine à gaz; cela n'intéresse personne. Les tâches de la task force seraient d'effectuer une analyse de la situation actuelle qui inclurait l'identification des défis, des goulets d'étranglement et des points faibles dans les procédures et structures existantes. Il s'agirait également de renforcer la coopération et la coordination entre les autorités concernées à l'échelle fédérale, cantonale et communale, et de suivre la mise en oeuvre des mesures prises en les évaluant régulièrement. Enfin, sur la base des résultats obtenus, il s'agirait de proposer les adaptations nécessaires dans la législation sur l'asile, notamment en rendant les processus plus efficaces, mais aussi en garantissant l'hébergement et l'intégration des personnes en quête de protection.

Le Conseil fédéral dit dans son avis en réponse à ma motion qu'il y a déjà des organes en place. C'est vrai, mais ils ne se réunissent que quatre fois par an. C'est insuffisant pour répondre à un système sous pression et, admettons-le, au bord de la rupture. Il faut prendre des mesures rapides et fortes, comme au moment de la crise énergétique ou de la pandémie. Nous devons agir en mode crise. Il ne suffit plus de constater ou de faire des annonces. Le nouveau chef du département, le conseiller fédéral Beat Jans, a promis des actes. Je salue sa volonté, mais nous attendons évidemment les résultats.

Si la Suisse veut pouvoir agir de manière efficace, des efforts supplémentaires sont nécessaires, comme la mise en oeuvre d'une task force Asile. C'est une solution réaliste et pragmatique, qui vise à pallier les faiblesses de notre politique migratoire; une force de réflexion rapide qui anticipera les crises et proposera des mesures. L'anticipation est essentielle. Si nous voulons rester fidèles à nos valeurs humanitaires, nous devons être plus efficients et combattre les abus afin de pouvoir continuer à accueillir celles et ceux qui ont droit à notre protection.