Addor Jean-Luc · Nationalrat · 2025-06-02
Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2025-06-02
Wortprotokoll
Le 4 mars 2018, après un débat très dur, plus de 70 pour cent des Suisses et tous les cantons rejetaient l'initiative "No Billag". Il faut dire que ses auteurs n'y étaient pas allés de main morte : ils ne proposaient rien de moins que supprimer purement et simplement toute redevance de radio-télévision. L'énorme mobilisation des médias régionaux, qui jouaient leur existence, avait porté l'estocade. Depuis lors, après avoir senti le vent du boulet, le Conseil fédéral a réduit ce prélèvement obligatoire, qui frappe non seulement tous les ménages, mais aussi les entreprises, de 451 à 365 francs et aujourd'hui à 335 francs.
Pour autant, ni le Conseil fédéral ni la direction de la radio-télévision d'État, malgré la révolution qui touche les médias électroniques et les habitudes des téléspectateurs et auditeurs, notamment des jeunes, n'ont voulu mener un débat de fond sur le rôle des médias d'État par rapport aux médias privés dans une société pluraliste. Face à cette arrogance, le seul moyen restant d'imposer ce débat nécessaire était de toucher au pactole de la redevance, en conservant un atout de l'initiative "No Billag", à savoir l'exonération des entreprises, mais en évitant l'erreur fatale de menacer la part des diffuseurs régionaux privés, qui est explicitement garantie dans le texte de l'initiative SSR.
Notons d'emblée que si vous n'osez pas toucher maintenant au montant de la redevance, mais que vous jugez néanmoins nécessaire un débat de fond sur le service public, une variante va précisément dans cette direction : la proposition de la minorité Fischer Benjamin, qui vise, dans ce sens, un renvoi en commission.
Si vous ne saisissez pas cette opportunité, alors je me réjouis de mener ce débat devant le peuple. Je me réjouis, en particulier, de parler à tous les Suisses qui, l'an dernier, ont subi l'augmentation spectaculaire du nombre de mises en poursuite que Serafe a fait notifier aux récalcitrants. Tous les Suisses ont eu beaucoup de plaisir à apprendre que cette entreprise, en 2024, a doublé ses bénéfices sur notre dos et sur celui des entreprises de ce pays.
Je me réjouis de parler de tous les journaux qui ne reçoivent pas un sou de cette redevance et dont les journalistes se voient parfois traités par leurs collègues de la radiotélévision d'État comme des espèces de professionnels de seconde zone, comme si les journalistes que nous sommes contraints de payer par le biais de notre redevance étaient les seuls à jouer un rôle d'utilité publique pour préserver et faire vivre le débat démocratique, alors que les médias d'État faussent la concurrence et, parfois, menacent le pluralisme par la diffusion d'une forme de pensée unique qui n'a rien à voir avec la pensée critique dont je viens d'entendre parler.
Je me réjouis de parler aux entreprises qui continuent à payer ce tribut comme si elles n'avaient pas déjà assez d'autres charges. Je me réjouis de parler du rôle de la SSR comme vecteur du wokisme, avec comme exemple emblématique le rôle qu'elle a joué pour lancer Nemo, comme on lancerait un produit, comme fer de lance de la propagande LGBT, avec comme point culminant l'Eurovision de Bâle, dont je préfère éviter de commenter plus avant le message qu'il a voulu donner.
Je me réjouis de parler d'une télévision qui condamne les policiers et défend les dealers. Finalement, 200 francs, est-ce que cela suffit ? Est-ce même encore trop, comme le disent certains quand ils écoutent ou regardent la radiotélévision d'État ?
Écoutons Alain Morisod qui, dans une interview récente, a déclaré : "Franchement, si c'est pour continuer à produire ce genre de programme, alors oui, je comprends ceux qui veulent couper la redevance à 200 francs. Mais en ce moment ça ne vaut même pas cette somme. Les gens payaient 365 francs pour une offre bien plus riche. Désormais, il ne reste presque rien. C'est comme aller au resto, payer le prix plein et se retrouver sans viande ni pain. Tout le monde le voit, mais personne ne dit rien, ni en interne ni en politique."
Oui, vraiment, je me réjouis de défendre devant le peuple l'initiative SSR, "200 francs, ça suffit !".