Lexipedia

Bendahan Samuel · Nationalrat · 2025-06-02

Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-06-02

Wortprotokoll

On dit toujours que cette initiative est une initiative de division par deux, mais il faut être clair[NB]: il n'y a pas de division par deux. Si vous faites le calcul, à la fin, les gens payeraient plus que la moitié. Pourquoi[NB]? Parce que les entreprises, elles, ne payeraient plus rien. Déjà, dans le concept, la réduction de moitié ne s'applique pas à tout le monde[NB]; on fait payer moins aux gens, mais on ne fait plus rien payer aux entreprises. Cela montre bien qui cette initiative veut servir. Ce texte n'est pas un texte pour servir la population, c'est un texte pour servir les grands propriétaires d'entreprises, les oligarques, ceux qui ont les moyens et pour qui, en plus, on veut supprimer toute la redevance.

Et si ça divise plus ou moins par deux la charge, ça divise par six le produit. C'est bien ça le problème : quand vous devez avoir une couverture nationale, si vous divisez par deux le budget d'une organisation, ce qu'elle pourra faire avec un budget divisé par deux est beaucoup plus petit que la moitié. Parce qu'évidemment il y a un immense coût à garantir la liberté des régions linguistiques, à garantir les infrastructures de base, à garantir ce qu'on appelle les coûts fixes. Cette initiative vise à diminuer un peu le prix pour les gens et à supprimer tout ce que payent les entreprises, donc à alléger les plus riches et les plus grandes entreprises, en démolissant le service public. C'est évidemment scandaleux, parce qu'il s'agit, en réalité, d'une tentative de donner le coup de grâce à l'un des joyaux de la couronne de la Suisse, son service médiatique, sa liberté d'expression. La RTS n'est évidemment pas le seul média en Suisse, mais sa présence est une garantie de la liberté d'expression et de la possibilité de continuer à vivre dans une réelle démocratie.

L'importance de l'information et de la confiance que l'on peut apporter à la qualité de l'information est extrêmement élevée aujourd'hui. On voit qu'il est de plus en plus facile de créer des faux, de dire n'importe quoi. Il y a besoin de gens dont le métier est de dire où sont les faits et de le partager avec la population pour que la démocratie puisse vivre.

Quel monde veulent les gens qui soutiennent cette initiative ? Ils veulent d'un monde où l'on peut acheter les médias plutôt que d'en faire profiter les gens. Ils veulent d'un monde où les milliardaires et les oligarques décident quelle information est diffusée, plutôt que les faits, la valeur scientifique et le travail de recherche. Ils veulent d'un monde où l'argent détermine tout, détermine qui gagne les élections, détermine qui sait [PAGE 752] quoi, détermine qui travaille où, détermine qui a le droit de diriger et qui n'en a pas le droit. L'information de service public est une des seules façons de lutter contre ce monde et de garantir que la société puisse se faire avec une démocratie où les gens font société en se fondant sur les faits.

Évidemment, nombre de modèles existent pour le partage des médias. Vous pouvez acheter un abonnement, vous pouvez choisir. Cette SSR, qui existe, n'empêche pas les gens de choisir les médias qu'ils veulent consommer. Le modèle de la redevance, du moins le modèle où, en commun, on finance le service public, est le meilleur modèle pour garantir que chacun puisse avoir le maximum. Faites donc la comparaison : le prix d'un abonnement de presse écrite est à peu près équivalent à celui de la RTS pour un ménage. Cela coûte à peu près la même chose.

Vous rendez-vous compte de la différence de contenu qui est offerte d'un côté et de l'autre ? Non parce que les journalistes travaillent moins ou parce qu'ils ne travaillent pas bien, mais parce que le système de cohésion nationale, où tous ensemble nous finançons le service public permet de faire beaucoup plus avec la même contribution individuelle.

Si six services sont payés individuellement, mais sont séparés par des barrières, les personnes ont six fois moins accès à l'information. Avec un service commun financé en commun, la RTS peut fournir à la fois une information de qualité, du contenu audiovisuel, du contenu radio, des émissions de débat, de la discussion politique et peut soutenir la démocratie. Cela ne serait plus possible si chaque bout de contenu devait être payé individuellement. On paierait plus cher qu'avec la redevance, mais nous n'aurions accès qu'à un dixième du catalogue. Le système de catalogue que fournissent les organisations comme la SSR, le service public de l'information, n'est pas seulement important pour la démocratie : c'est rationnellement et économiquement la meilleure façon de fournir un média grâce auquel les auditeurs peuvent vraiment choisir une grande quantité de contenus.