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AB 358101

Cottier Damien · Nationalrat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2025-06-12

Wortprotokoll

Le groupe libéral-radical soutiendra à l'unanimité ce projet de loi urgente ainsi que la demande de crédit liée. Nous comprenons les autres groupes politiques qui se sont exprimés et nous espérons que notre conseil se prononcera à l'unanimité en faveur de ces deux projets.

La catastrophe naturelle qui a touché Blatten et Ried a frappé et ému le pays entier, ainsi que notre conseil et notre Parlement, évidemment. Elle a aussi ému bien au-delà de la Suisse, et c'est naturel : la force des éléments naturels souligne la fragilité de l'être humain dans de telles situations. Les montagnards, les personnes qui vivent dans les montagnes, sont habitués et connaissent ces dangers, qui sont millénaires, mais il reste que, quand un événement de cette ampleur frappe, on est stupéfait devant la force de la nature et les dégâts que cela peut produire. Beaucoup de personnes ont tout perdu ou presque : leurs maisons, leurs biens, leur village, les souvenirs qui vont avec, en particulier pour ceux qui ont toujours vécu là et qui ont leurs racines en cet endroit.

Heureusement, les efforts de prévention ont bien fonctionné. Grâce au monitorage de la situation, l'évacuation du village a pu être faite à temps. L'alerte a été donnée et, pour l'avoir vécu personnellement, un téléphone qui se met à sonner très fort dans une salle, parce qu'Alertswiss annonce l'évacuation du village, ici celui de Blatten, est très impressionnant à voir et à vivre. On pense à ces personnes qui, à ce moment, ont quelques minutes pour tout rassembler et quitter le village. Heureusement que cette décision pas facile a été prise, car cela a permis de limiter de manière très forte le bilan humain, bien heureusement. Hélas, une personne - cela a été rappelé - est encore portée disparue, mais cela a permis de [PAGE 971] limiter très drastiquement le bilan humain, et ce, très heureusement.

Nous remercions toutes les personnes qui ont travaillé, qui travaillent encore et qui continueront de travailler pendant très longtemps pour améliorer la situation sur place et soutenir les personnes affectées, à savoir les secours civils et l'armée.

Nous exprimons notre solidarité avec toutes les personnes qui ont été touchées et qui le sont encore aujourd'hui. La solidarité s'est exprimée bien au-delà de notre Parlement : beaucoup d'autorités publiques - des cantons et des communes - se sont manifestées. La solidarité privée s'est aussi mise en place très rapidement et la générosité des Suissesses et des Suisses a une nouvelle fois été démontrée.

Le Conseil fédéral nous propose, par le mécanisme soumis à notre conseil aujourd'hui, une solidarité également de la Confédération dans un acte exceptionnel. Habituellement, aucun type de crédit de ce type de la part de la Confédération n'est prévu pour l'aide d'urgence. D'autres mécanismes pour la reconstruction et la prévention à long terme sont prévus et ils viendront évidemment s'ajouter à l'aide d'urgence, avec des montants bien plus considérables à ce qui est prévu ici. Le Conseil fédéral nous propose donc cette aide exceptionnelle, pour laquelle il faut une base légale ad hoc, puisque cela n'est pas prévu dans notre législation.

Notre groupe soutiendra cette proposition, mais note que, malheureusement, avec le changement climatique, de telles catastrophes peuvent hélas se reproduire dans le futur. Il y en a déjà eu dans le passé - cela a été rappelé par plusieurs orateurs -, même si on ne peut évidemment pas les comparer dans leur ampleur. Des catastrophes importantes ont en effet déjà frappé notre pays ces dernières années et décennies. On peut se demander si, dans ces cas aussi, il n'aurait pas pu être envisagé ou envisageable que la Confédération intervienne. Plusieurs lieux ont été rappelés. C'est une question que nous devrons débattre.

Je crois que le lieu et l'heure ne sont pas à la polémique ni à la comparaison de l'aide que nous apportons dans cette situation, et qui est nécessaire, en Suisse, avec l'aide, qui est importante et nécessaire aussi, à l'étranger. Les souffrances ne se comparent pas : elles s'additionnent. Ici, il est question d'agir pour soutenir une partie de notre population qui a été durement touchée ; cela n'exclut pas que nous continuions d'aider, avec des critères extrêmement clairs et précis, d'autres populations dans le malheur au-delà de nos frontières.

L'heure n'est pas à la polémique. Elle sera à la réflexion sur la manière dont nous voulons gérer ce genre de cas s'ils devaient être amenés à se reproduire. La discussion a commencé dans notre commission et elle a déjà commencé dans nos conseils ; plusieurs propositions sont sur la table du Parlement. Elle va se poursuivre. Notre groupe se demande si la motion qui a été déposée par la Commission des finances est la bonne manière d'agir, car il n'y a pas de certitude à ce stade qu'il faille une loi spécifique. Il faut que nous fassions cette discussion de manière approfondie. Nous envisageons plutôt de proposer un postulat. On verra de quelle manière cela se fait, mais ce sont des discussions qui viendront dans le futur.

Aujourd'hui, c'est cette aide urgente que nous devons voter. Il sera important que la commune se dote des moyens pour la distribuer de manière extrêmement objective et claire. C'est une tâche difficile. Cela a été rappelé notamment par les rapporteurs. La commission propose que la commune se dote d'une commission de répartition, à l'exemple de ce qui a été fait dans d'autres cas similaires. En tout cas, nous l'y invitons.

Nous soutenons ces projets, cette loi et ce crédit. Nous vous invitons à faire de même. Nous exprimons notre solidarité avec les habitants de la commune et de la vallée. C'est une situation extrêmement difficile. Nous leur souhaitons force et courage et nous sommes convaincus qu'ensemble ils arriveront non pas à effacer, mais à surpasser cette épreuve au fil du temps.