Cottier Damien · Nationalrat · 2025-06-18
Cottier Damien · Nationalrat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2025-06-18
Wortprotokoll
La Suisse gagne 1 franc sur 2 par son commerce extérieur. Ses principaux partenaires sont l'Union européenne, pour à peu près 50 pour cent de ses exportations, les États-Unis pour 15 pour cent - c'est le premier pays d'exportation, mais le deuxième marché, puisque l'Union européenne forme un seul marché, avec 27 pays - et la Chine, en troisième place, qui représente 10 pour cent de notre commerce extérieur. Dans ce cadre, la Suisse a un intérêt massif à avoir un commerce international qui soit ouvert, libéral, qui facilite les échanges et qui évite des obstacles inutiles. C'est bien ce que le Conseil fédéral promeut dans sa stratégie de politique économique extérieure, qui vise à faciliter un contexte ouvert aux échanges, des accords de libre-échange, des accords de protection des investissements et un cadre multilatéral, notamment celui de l'OMC, ouvert aux échanges.
Toutefois, on voit au niveau mondial une tendance préoccupante qui va dans l'autre sens : un accroissement du protectionnisme, de la fragmentation, de la régionalisation des marchés et, par ailleurs, une instabilité, une insécurité géopolitique qui s'accroît, avec des tensions qui augmentent dans certaines régions du globe, notamment au Proche-Orient - on l'a encore vu, hélas, cette nuit -, des sanctions économiques qui limitent aussi le commerce, une insécurité croissante sur les routes de transport - on peut se poser des questions et avoir des inquiétudes sur ce qui va se passer dans le détroit d'Ormuz ces prochaines heures ou ces prochains jours par exemple, en espérant évidemment que les choses se calment au Proche-Orient. Dans l'ensemble, c'est un climat qui est moins favorable au commerce, aux échanges, mais aussi aux investissements, et un système multilatéral dans le domaine commercial, l'OMC en particulier, dans lequel on voit depuis de nombreuses années peu de progrès - c'est peu de le dire.
Dans ce contexte politique, le nouveau gouvernement des États-Unis ajoute un risque supplémentaire massif avec ses taxes douanières qui font peser sur l'économie mondiale, mais aussi sur l'économie suisse, un risque important. Je l'ai dit, c'est le premier pays d'exportation pour la Suisse et son deuxième marché d'exportation, qui représente près de 15 pour cent de ses exportations.
C'est aussi un lieu, les États-Unis, dans lequel la Suisse investit massivement. Les taxes qui, dans un premier temps, avaient été annoncées à hauteur de 32 pour cent, puis suspendues jusqu'à début juillet, seraient un obstacle majeur pour nos exportations. Heureusement, elles ont été suspendues et des discussions sont en cours. Elles ont d'ailleurs été basées sur une méthode de calcul totalement incompréhensible et qui péjore les économies dynamiques, dont celle de la Suisse.
Au nom du groupe libéral-radical, j'aimerais féliciter le Conseil fédéral, qui a pris les choses en main de manière rapide et [PAGE 1152] déterminée et qui a cherché le dialogue avec le nouveau gouvernement américain, et ce, jusqu'au plus haut niveau, avec des échanges aussi au niveau présidentiel, mais également avec les secrétaires au commerce et au trésor, ainsi que le délégué aux accords commerciaux. Le Conseil fédéral a défini une ligne claire : il a choisi le dialogue plutôt que la confrontation et nous pensons que son attitude est la bonne. Il a également choisi la pédagogie, car il faut rappeler que la Suisse est le sixième investisseur direct aux États-Unis, avec une valeur globale de l'ordre de 350 milliards de dollars investis aux États-Unis par les entreprises de notre pays. C'est même le quatrième investisseur dans le domaine des hautes technologies. Cela crée 400[NB]000 emplois aux États-Unis, avec de bons niveaux de salaire. Nos entreprises investissent dans les 50 États américains. C'est important de le souligner - ce n'est pas rien de le dire.
Dans ce contexte, tout en remerciant le Conseil fédéral et en appuyant sa stratégie, nous souhaitons lui poser les questions suivantes[NB]: maintenant que le mandat de négociation a été discuté, où en est-il dans ces discussions[NB]? Est-il optimiste sur une conclusion prochaine de ces négociations[NB]? Est-il d'accord de dire que baisser les taxes à 10 pour cent par rapport à 32 n'est pas un objectif, parce que cela constituerait une hausse massive par rapport au statu quo ante[NB]? Qu'entreprend-il pour éviter que ces négociations avec les États-Unis n'affectent notre commerce et nos relations avec d'autres partenaires importants, en particulier l'Union européenne et la Chine, mais aussi le cadre dans lequel nous nous mouvons au sein de l'OMC[NB]? Partage-t-il l'avis du groupe libéral-radical qu'il faut continuer à diversifier nos relations économiques, notamment par des accords de libre-échange avec d'autres pays[NB]? Quelles opportunités voit-il en la matière[NB]?