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Docourt Martine · Nationalrat · 2025-06-18

Docourt Martine · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-06-18

Wortprotokoll

Depuis un peu plus de deux ans, notre pays a été confronté à une série d'événements naturels extrêmes qui ne laissent plus aucun doute. Le dérèglement climatique est une réalité concrète, visible et dramatique, y compris chez nous, en Suisse. En effet, depuis juin 2023, la Suisse a connu une série de catastrophes naturelles extrêmes. Tout d'abord, l'éboulement de Brienz aux Grisons a menacé un village entier. Toujours en 2023, une tornade a ravagé La Chaux-de-Fonds, causant un décès, des dizaines de blessés et d'immenses dégâts. Des orages ont provoqué des inondations et glissements de terrain au Tessin et en Valais en 2024. Fin mai 2025, un effondrement glaciaire a enseveli 90 pour cent de Blatten, faisant une victime et effaçant presque entièrement le village de la carte. Dimanche dernier, on a frôlé la catastrophe à Festi'neuch, dans ma ville, avec un violent orage et des rafales de 140 kilomètres à l'heure.

Ces événements témoignent de l'accélération du dérèglement climatique. Ces catastrophes ne sont pas isolées, elles sont la partie émergée de l'iceberg de ce dérèglement. À côté de ces événements spectaculaires, les vagues de chaleur augmentent, engendrant une surmortalité estivale et une multiplication des maladies respiratoires et des allergies. Ces phénomènes créent une pression croissante sur nos écosystèmes et sur notre système de santé. Comme le dit la journaliste et essayiste Naomi Klein : "Pour vraiment s'attaquer au dérèglement climatique, il faut privilégier des solutions radicales sur le plan social. En comparaison, l'efficacité relative de la prochaine génération de cellules solaires est une question futile." Elle a raison, nous ne gagnerons pas ce combat par de petits gestes ou seulement grâce à quelques solutions technologiques. Il faut une action politique ambitieuse, planifiée et solidaire, mais surtout un projet de société. L'initiative [PAGE 1185] débattue aujourd'hui, l'initiative pour un fonds climat, est une première réponse à la hauteur des enjeux. Elle vise à garantir la sécurité de notre approvisionnement énergétique, tout en lançant un vaste chantier. La guerre en Ukraine nous l'a rappelé de manière brutale : notre dépendance énergétique est aussi une faiblesse stratégique.

Tant que nous dépendrons des énergies fossiles ou de l'uranium importé, nous resterons à la merci d'autocrates. Nous devons sortir de cette dépendance et cela passe par le développement massif des énergies renouvelables en Suisse. Au-delà de la sécurité, c'est aussi notre responsabilité en tant que génération qui est en jeu. La crise climatique est comparable aux grands défis que nos aînés ont su relever. Elles et ils ont construit l'AVS pour répondre à la précarité des personnes âgées et ont développé les CFF, par exemple, pour relier les régions. À nous, maintenant, de construire une politique climatique digne de ce nom.

L'initiative pour un fonds climat propose d'investir chaque année entre 0,5 et 1 pour cent du PIB, soit entre 3,5 et 7 milliards de francs, dans la transition climatique du pays. Ce ne sont pas des dépenses : ce sont des investissements pour l'avenir. Si ces investissements ne sont pas réalisés dès à présent, les coûts liés à notre inaction seront exorbitants et la dette pour les générations futures continuera à s'aggraver. Ainsi, nous devons investir dans les panneaux solaires, dans l'assainissement énergétique des bâtiments, dans l'amélioration des processus industriels, renforcer les transports publics et préserver notre biodiversité.

Le fonds climat, financé par la Confédération et mis en oeuvre de manière socialement équitable, permettra, avec des moyens étatiques, de soutenir en priorité les ménages et les personnes à bas revenus pour le logement, la mobilité et la consommation. Ces investissements bénéficieront aussi à l'économie. Une offensive de formation et de perfectionnement permettra d'associer pleinement la population active, de répondre à la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée et de maintenir des emplois dans notre pays, contribuant ainsi à une reconversion écosociale de l'économie.

Agir maintenant, c'est investir pour un avenir plus sûr, plus équitable, plus vivable et socialement supportable. Ne rien faire, c'est s'exposer à des coûts humains, sociaux et économiques bien plus élevés à l'avenir. C'est pourquoi le groupe socialiste soutient cette initiative et suivra la minorité Schlatter.