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Nantermod Philippe · Nationalrat · 2025-09-22

Nantermod Philippe · Nationalrat · Wallis · FDP-Liberale Fraktion · 2025-09-22

Wortprotokoll

Comme le disait notre excellent collègue Alex Farinelli, l'art de la politique, c'est trouver des solutions simples aux problèmes complexes. Cette initiative populaire, ce n'est rien d'autre que cela[NB]: c'est de chercher des solutions simples à des problèmes qui, admettons-le, sont complexes. Pourtant, la démographie croissante, c'est quelque chose de nécessaire dans une société qui vit. Une nation vitale ne peut vivre sans une augmentation de sa population. Nous avons besoin de plus de travailleurs, nous avons besoin de plus d'entrepreneurs.

Il n'y a pas de Suisse de 2050 si la Suisse de 2050 est la Suisse de 2025 figée dans le marbre, inscrite dans sa Constitution, comme le propose cette initiative populaire. La Suisse, depuis ses débuts, est fondée sur une volonté de croître, une volonté de développer ses infrastructures, de développer sa population et de permettre aux gens d'avoir un avenir meilleur.

Avec une initiative telle que l'initiative "Pas de Suisse à 10 millions!", il n'y a pas de demain possible, puisque notre pays ne pourra compter finalement que sur son propre renouvellement démographique qui, comme nous le voyons depuis maintenant plus de 30 ans, ne permet pas un renouvellement de la population. Une nation qui ne croît pas, c'est une nation qui meurt à petit feu. Comment voulez-vous faire fonctionner les entreprises de Suisse[NB]? Comment voulez-vous que les hôpitaux de Suisse fonctionnent sans l'immigration[NB]? Comment voulez-vous qu'il puisse y avoir du renouvellement chez [PAGE 1736] les médecins sans l'immigration[NB]? Comment pouvons-nous imaginer que les infrastructures de Suisse soient construites si nous comptons uniquement sur la main-d'oeuvre locale[NB]?

Mesdames, Messieurs, la Suisse n'a d'avenir que dans le cortège des nations de l'Europe. Nous le savons depuis hier, mais nous le savons depuis plusieurs décennies. L'initiative qui vise à limiter l'immigration à 10 millions de personnes vise finalement à figer la situation telle qu'elle est aujourd'hui sans nous donner de possibilités de croître. Et, en dehors de la croissance, il n'y a pas d'avenir, comme je l'ai dit.

10 millions, pourquoi pas 8[NB]? Pourquoi pas 12[NB]?

Je suis un libéral et, comme libéral, j'aimerais quand même vous faire remarquer que nous pourrions très bien vivre dans un pays à 12 millions d'habitants. Il y a des villes dans notre monde qui comptent 12 ou 15 millions d'habitants et dans lesquelles on vit très bien. À l'inverse, il y a des villes en Suisse avec beaucoup moins que 10 millions d'habitants, dans lesquelles on vit très mal, où il y a peu d'infrastructures, où l'on manque de logements, où l'on manque d'infrastructures routières et de transports publics.

La quantité de personnes que peut recevoir un territoire ne dépend pas des décisions politiques, mais des infrastructures que nous pouvons mettre en place. Au cours des dernières années, la Suisse a malheureusement adopté un certain nombre de normes qui empêchent un développement harmonieux. Je pense par exemple à la loi fédérale sur l'aménagement du territoire, qui réduit considérablement la possibilité pour les cantons de développer les infrastructures en matière de logements comme elles devraient l'être pour pouvoir accueillir la population en place, mais aussi la population future. De la même manière, les décisions que nous avons prises en matière autoroutière imposent à la Suisse d'avoir des embouteillages à n'en plus finir. Il en va de même en matière scolaire, en matière de protection de la population. Si nous voulons avoir un développement harmonieux, qu'il soit à 8, à 10 ou à 12 millions de personnes, nous devons avoir des infrastructures adaptées et non pas des statistiques ou un Office fédéral de l'immigration qui limite le nombre de personnes en fonction des moyens, mais qui adaptent les moyens en fonction des besoins.

Enfin, cette initiative populaire, vous le savez toutes et tous, signifie la fin des accords bilatéraux. En réalité, l'initiative a été calibrée pour mettre fin aux accords bilatéraux. Selon les projections démographiques de l'Office fédéral de la statistique, nous devrions, en 2050, atteindre, 10,4 millions d'habitants, soit à peine plus que le seuil imposé par l'initiative. Or, à 10,4 millions d'habitants, ce sera juste assez pour imposer le mécanisme de dénonciation des accords bilatéraux et, finalement, juste trop peu pour appliquer cette initiative. La dénonciation des accords bilatéraux, c'est la fin des mécanismes qui ont permis la prospérité de notre pays au cours des 20 dernières années. Pourquoi, pour 400[NB]000[NB]personnes,[NB]un[NB]nombre somme toute relativement modeste, devrions-nous jeter à la poubelle des accords qui ont fait notre prospérité et qui la feront encore dans les années à venir[NB]?

Non, décidément, cette initiative n'a finalement que des inconvénients. Le seul avantage est de pointer un problème qui est bien réel, celui d'avoir des infrastructures qui ne suivent plus. Ce problème-là, on ne peut pas le mettre sur le dos de personnes qui viennent travailler et faire fonctionner notre pays, mais uniquement sur le dos de décisions mauvaises que nous prenons, quand nous ne voulons pas adapter les infrastructures aux besoins de notre pays.

Pour ces raisons, je vous invite à recommander le rejet de cette initiative.

[VS]