Roduit Benjamin · Nationalrat · 2025-09-25
Roduit Benjamin · Nationalrat · Wallis · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2025-09-25
Wortprotokoll
La Suisse a de nombreuses traditions, fortes et vivantes, qui font la fierté de notre pays. De la lutte suisse aux vaches d'Hérens en passant par le cor des alpes, celles-ci participent à la construction de notre identité nationale et à la cohésion de notre pays. Au niveau politique également, notre pays est fort en traditions[NB]: esprit de concordance, tradition humanitaire et respect du multilatéralisme sont des fondements de notre orientation politique, au niveau national comme international. Toutefois, toutes les traditions ne sont pas bonnes à prendre, notamment lorsqu'elles sont lancées par une minorité politique en quête d'électoralisme facile.
Ainsi, depuis un certain nombre d'années, l'UDC s'est donné pour tradition le lancement d'initiatives anti-immigration et de remises en question de la libre circulation des personnes. De multiples fois, celles-ci ont été rejetées par le peuple, comme il y a cinq ans avec l'initiative de limitation, balayée à 61 pour cent. De plus, malgré le fait que près de 71 pour cent des Suisses soutenaient les accords bilatéraux en 2024 selon un sondage, l'UDC continue de déposer sur cette thématique des initiatives à vocation démagogique.
En conséquence, la première raison pour laquelle je vous appelle à recommander le rejet de cette initiative, c'est parce que nous devons défendre l'intégrité de nos traditions politiques et parce que nous devons dénoncer les tentatives de certains de les instrumentaliser.
Dans un autre ordre d'idée, il convient de parler du fond de cette initiative, en observant que son objectif révèle au mieux une certaine ignorance, au pire une irresponsabilité politique. Je m'explique[NB]: lors des précédentes initiatives isolationnistes lancées par l'UDC, la Suisse bénéficiait encore de différentes options dans ses orientations en matière de relations extérieures. En effet, les États-Unis étaient encore un partenaire historique fiable, le retour de la Guerre froide que nous connaissons actuellement n'avait pas encore commencé et le droit international, économique et politique, était respecté. On pouvait alors imaginer que d'autres partenaires économiques s'offraient à la Suisse en dehors de l'Union européenne. Aujourd'hui, le trumpisme a transformé la politique commerciale américaine en racket, la guerre en Ukraine a remis en cause les fondements du droit international et la confrontation de blocs géopolitiques est redevenue la norme.
Dans ce contexte, soit les initiants ignorent la réalité politique, soit de manière irresponsable ils veulent sacrifier notre prospérité économique en se coupant de nos partenaires européens les plus fiables.
Soyons clairs[NB]: dans le contexte international actuel, la relation entre la Suisse et l'Europe est plus que jamais fondamentale sur le plan économique, sécuritaire et politique. Couper les accords bilatéraux en acceptant cette initiative serait un suicide diplomatique et économique, dans un monde où les États comme la Suisse ont de moins en moins voix au chapitre.
Pour éviter ce suicide, refusons cette initiative.
Nach reiflicher Überlegung frage ich mich schliesslich, ob es nicht das Ziel der Initianten ist, die Schweiz zum Bhutan inmitten Europas zu machen, einem kleinen Bergland, das zwischen Grossmächten eingeschlossen ist, vom Rest der Welt isoliert ist und in Autarkie lebt. Sie haben sicher verstanden, dass mich die Aussicht, unser Land zu isolieren und in eine wirtschaftliche Autarkie zu führen, kaum fasziniert.
Dennoch ist es notwendig, eine angemessene und ernsthafte politische Antwort auf die von der Initiative angesprochene Problematik zu finden. In diesem Sinne müssen wir unsere Perspektive ändern und im Gegensatz zu den Initianten die Einwanderung nicht als Problem, sondern als Herausforderung betrachten.
L'immigration n'est pas un problème, c'est un défi. C'est dans ce sens que le groupe du Centre propose un autre chemin avec la mise en place d'un contre-projet direct qui puisse à la fois permettre de couper court aux velléités isolationnistes de certains tout en répondant de façon pragmatique aux défis migratoires, en accord avec la voie bilatérale indispensable à la Suisse. Notre proposition permet de combiner préservation des ressources et ouverture humaine, de combiner des mesures ciblées dans les régions souffrant de la surpopulation et le maintien de notre relation privilégiée avec l'Union européenne, et, enfin, de combiner une meilleure intégration des populations étrangères sur le marché du travail et une réponse efficace et définitive aux initiatives sur l'immigration. Si l'on vise la durabilité, en référence au sous-titre de l'initiative, c'est la meilleure façon de l'atteindre.
In conclusione, la sfida migratoria deve essere presa sul serio, ma non deve essere sinonimo di isolamento internazionale ed economico della Svizzera.
Vi propongo di dire un grande no all'iniziativa "No a una Svizzera da 10 milioni" e di sostenere il nostro controprogetto diretto.