Michaud Gigon Sophie · Nationalrat · 2025-09-25
Michaud Gigon Sophie · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2025-09-25
Wortprotokoll
I colleghi esperti in materia di diritto d'asilo hanno spiegato chiaramente perché questa iniziativa viola i diritti umani. Il mio intervento si[NB]concentrerà[NB]quindi[NB]su altri aspetti e si rivolge anche alla popolazione del nostro Paese, e non solo ai miei colleghi parlamentari.
Je comprends que certaines personnes en Suisse expriment la nécessité de vouloir se protéger, un réflexe naturel qui se confond avec celui de se barricader. Cependant, cette initiative ne répondra pas une seconde aux besoins sous-jacents à ce réflexe. Elle offre un leurre. Si elle était acceptée, la situation quotidienne des Suissesses et des Suisses ne s'en trouverait pas améliorée, au contraire. Limiter artificiellement la population résidente ne nous assurera hélas en rien une meilleure répartition des effets de la prospérité. Si ceux-ci restent concentrés entre les mains de quelques-uns, toujours plus riches, qui consomment toujours plus de ressources, d'espace et de terres agricoles, pour reprendre les propos de notre collègue Huber, alors oui, nous irons vers une Suisse bétonnée et des ressources épuisées. Mais avec une distribution plus raisonnable et équitable de ces effets et de la consommation, nous pouvons construire un système durable et viable. Nous devons et devrons le faire de toute façon.
L'UDC jette de la poudre aux yeux, mais, en plus, elle conduit la Suisse dans une impasse dangereuse qui nous fait, à toutes et à tous, risquer gros de manière inconsidérée. La limite quantitative imposée par l'initiative, c'est un jeu avec le feu. S'isoler, fermer nos portes, c'est dans les deux sens que cela se passe. D'abord, elle aggravera la pénurie de main-d'oeuvre dans des secteurs essentiels, comme les services ou les soins. À la pénurie de main-d'oeuvre s'ajoutera alors la fragilisation de l'accès au marché européen et à la reconnaissance mutuelle. La Suisse a déjà testé cette situation[NB]: lors du refroidissement des relations avec l'Union européenne, certains secteurs, notamment la medtech, ont vécu de plein fouet la non-reconnaissance des produits exportés. Cela a été très douloureux et les patronnes et les patrons concernés s'en souviennent trop bien. C'est la raison pour laquelle les représentants et représentantes de l'économie s'engagent fortement contre cette initiative et pour une relation ouverte et renforcée avec l'Union européenne. Je n'ai pas eu une discussion bilatérale avec des entreprises depuis une année sans que l'accès au marché européen ne soit relevé. C'est un gage de prospérité, puisque c'est la moitié du marché d'exportation de la Suisse, et c'est aussi une garantie essentielle pour la protection et la sécurité de notre pays, pays qui est au milieu d'un continent attaqué sur son front est.
Dans un contexte où la concurrence commerciale déloyale met la Suisse sous forte pression, nous devons prendre cette initiative au sérieux et la rejeter sans équivoque. Les éléments délicats qu'elle soulève et qui peuvent en partie trouver écho au sein de la population suisse doivent par ailleurs être adressés sérieusement. Et là, je me tourne vraiment vers le Parlement, vers mes collègues parlementaires, hormis les membres du groupe de l'UDC qui soutiennent évidemment cette initiative, parce que c'est justement l'accès à des logements abordables, à des espaces verts, à la qualité de vie et à la répartition de la prospérité qui sont les éléments clés pour que la population puisse s'opposer à une telle initiative. C'est donc un appel beaucoup plus large à l'ensemble du [PAGE 1857] Parlement que je fais en vous recommandant de rejeter par ailleurs cette initiative.