Porchet Léonore · Nationalrat · 2025-12-11
Porchet Léonore · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2025-12-11
Wortprotokoll
Les feux d'artifice sont une tradition, bien sûr, un moment spectaculaire, souvent joyeux, mais ils posent une question que nous ne pouvons plus esquiver[NB]: qu'est-ce qui justifie la souffrance durable d'êtres sensibles, si ce n'est un plaisir humain éphémère[NB]? Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Nous parlons de quelques secondes de lumière et de bruit, et, pourtant, ces secondes suffisent à plonger des milliers d'animaux dans la panique la plus totale - fuite, collisions, blessures, traumatismes durables et parfois la mort. Nous parlons de fêtes pour nous et de terreur pour eux. [PAGE 2255]
Il n'y a pas que les animaux, bien sûr[NB]: les personnes souffrant de stress post-traumatique, les personnes âgées, les enfants autistes, les hyperacoustiques ou des personnes comme moi, qui sont juste sensibles au bruit et franchement ennuyées par les pétards soudains dans son quartier. Toutes ces personnes ressentent les détonations comme une intrusion, parfois brutale, dans leur tranquillité, parfois même dans leur sécurité. Un simple divertissement peut devenir, pour elles, un moment d'angoisse. Alors, la question est simple, même si elle est embarrassante[NB]: la joie d'un instant peut-elle justifier la souffrance d'un être, d'êtres qui sentent, qui perçoivent et qui tremblent[NB]? Cette question n'est évidemment pas nouvelle. On en a parlé encore même très récemment avec la question de l'interdiction de la fourrure, du foie gras ou de toute autre pratique où le plaisir humain repose sur la douleur d'un autre être vivant. À chaque fois, la réponse morale s'impose. Un plaisir que l'on peut remplacer ne justifie jamais une souffrance que l'on ne peut effacer.
On parle souvent du bruit, mais moins de ce qui tombe au sol, dans les lacs et qui s'impose dans nos poumons, car, les feux d'artifice, ce sont aussi des particules fines, du soufre, des métaux lourds, des retombées toxiques dans les sols, les prairies, les rivières et des pics de pollution confrontés sur quelques jours. Nos écosystèmes n'en sortent jamais indemnes. À l'heure où nous demandons à toute la population de fournir un effort pour le climat et la biodiversité, il est incohérent de laisser perdurer une pollution parfaitement évitable. L'initiative nous rappelle que le statu quo n'est pas acceptable.
Le contre-projet indirect, que je vous demande de renforcer par les propositions de la minorité Baumann, apporte une solution claire, proportionnée et surtout efficace[NB]: réduire la souffrance animale en limitant les sources de panique sonores, réduire la pollution en interdisant les formes de célébration les plus polluantes, privilégier les spectacles professionnels, mieux encadrés et moins nocifs. Ce contre-projet ne tue pas la tradition, il la modernise sans opposer protection et fêtes, car aucun plaisir ne justifie la panique, les blessures ou la mort d'animaux. Les feux passent et les dégâts restent. Le bruit est un choix, le respect du vivant aussi. Ce n'est donc pas un débat entre tradition et modernité, c'est un débat entre ce qui nous plaît et ce qui est juste, entre un spectacle pour nous et la sécurité pour eux.
Je vous invite donc à soutenir le contre-projet indirect avec les propositions de la minorité Baumann pour réellement protéger les animaux, l'environnement et la santé publique.