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Meyer Thérèse · Nationalrat · 2003-09-24

Meyer Thérèse · Nationalrat · Freiburg · Christlichdemokratische Fraktion · 2003-09-24

Wortprotokoll

Une forte majorité du groupe démocrate-chrétien refuse d'entrer en matière sur ce projet de loi et soutient les propositions de non-entrée en matière Maitre, du groupe libéral, etc.

"Le projet de loi approuvé par le Conseil des Etats oublie complètement les jeunes", s'est écrié le professeur Pierre-André Michaud, médecin-chef de l'Unité multidisciplinaire de santé des adolescents au CHUV. Ce projet banalise la consommation du cannabis, qu'on le veuille ou non. Il est compris comme tel et depuis cette décision, toujours plus de jeunes, et de très jeunes, se sont mis à fumer du cannabis dès 10 ou 11 ans. Et la substance, on l'a dit, comporte des taux de THC très élevés, 30 fois plus élevés qu'il y a dix ou quinze ans.

"Les jeunes sont vulnérables. Ils perdent la concentration, on assiste à des échecs scolaires et même à des dépressions." Ces déclarations du professeur Michaud m'ont ébranlée et ont renforcé ma conviction de ne pas accepter la libéralisation de la consommation du cannabis, qui s'adresse non seulement aux jeunes de 16 à 18 ans, mais à tous les âges, au contraire de ce que croient beaucoup de personnes. C'est uniquement la vente ou la remise de la substance aux plus jeunes qui est passible de répression.

Depuis la décision du Conseil des Etats, nous avons pu faire un genre d'expérience de dépénalisation puisque beaucoup ont cru que la décision était prise: les cultures se sont multipliées - je ne m'étendrai pas sur ce problème -, mais surtout, les parents, les enseignants appellent au secours, ils sont démunis. "Si les autorités fédérales permettent, ce ne peut pas être mauvais", disent les jeunes. Quelle responsabilité! Tous les articles de la loi concernant la jeunesse n'y changeront rien. Malheureusement, il faut admettre que la prévention n'arrive pas à dissuader les consommateurs potentiels. Malgré toutes les campagnes de prévention, le phénomène s'observe aussi dans d'autres domaines comme le tabac.

Si on peut admettre qu'un adulte peut maîtriser sa consommation, la protection de la jeunesse est prioritaire. Ce projet de loi, qui prévoit une libéralisation de la consommation du cannabis, met en péril la jeunesse. Tous ceux qui ont des enfants ou des petits-enfants devraient penser à eux en priorité. Une étude britannique met en lumière maintenant aussi des risques élevés de cancer du poumon. Si, dans vingt ans, nous constations que tel serait le cas, nous serions bien malheureux d'avoir pris cette décision aujourd'hui.

Une phrase lue dans le rapport sur le cannabis de la Commission fédérale pour les questions liées à la drogue, qui a motivé le message du Conseil fédéral, dit: "Le cannabis n'est vraisemblablement pas plus nocif que le tabac." Cela dénote aussi un manque de certitude.

Le modèle proposé, du côté technique, n'a pas pu être accepté en commission par nombre d'entre nous parce qu'il est devenu complètement contradictoire: la consommation du cannabis est libéralisée pour tous, mais le commerce est interdit avec un principe d'opportunité; la culture est interdite avec des exceptions contrôlées; et, pour couronner le tout, une taxe viendra frapper un produit interdit et on en espère un grand profit! Enfin, le droit international n'est pas respecté.

Devant cet imbroglio, la seule attitude est de refuser d'entrer en matière. Mais surtout, nous devons penser à notre jeunesse; et là, nous ne pouvons pas tergiverser, et encore moins démissionner.