Poggia Mauro · Ständerat · 2025-12-15
Poggia Mauro · Ständerat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2025-12-15
Wortprotokoll
Mon but n'est évidemment pas de répéter ce qui a été dit du côté des soutiens à cette initiative. Ce n'est pas une initiative qui oppose des citoyens qui veulent se replier sur eux-mêmes contre des citoyens qui veulent être et rester ouverts au monde[NB]; il est ici très justement question, comme l'a dit notre collègue Marco Chiesa, de contrôler et non pas de subir une situation que nous subissons depuis maintenant des décennies, depuis notamment l'ouverture de la libre circulation - je reviendrai sur les propos de notre collègue Maillard.
Cette initiative est excessive, nous dit-on. Mais où est l'excès[NB]? Je vous rappelle qu'en février 2014, l'article 121a de la Constitution a été accepté en votation populaire et n'a jamais été respecté. Est-ce qu'il n'est pas excessif de faire voter la population qui exprime une crainte quant à une immigration non maîtrisée, mais de n'en tenir aucun compte[NB]? Avons-nous vu notre économie s'imposer des règles pour favoriser l'emploi de notre population[NB]? Quand je parle de notre population, c'est évidemment toutes les personnes qui sont sur notre territoire, qu'elles soient de nationalité suisse ou étrangère, toutes les personnes qui sont ici. Lorsqu'à un moment donné, elles sont dans la difficulté, notre solidarité implique un soutien. Pourtant, ces règles auraient pu être imposées par l'économie elle-même, sur une base volontaire, sans aucune violation de la libre circulation.
Nous savons très bien, en particulier à Genève, à quel point la concurrence d'une main-d'oeuvre étrangère peut être considérée comme déloyale. Elle l'est bien souvent, pas au niveau des salaires les plus bas, puisque nous avons un salaire minimum, mais désormais dans des classes salariales plus élevées. Nous avons un chômage qui est bas, nous dit-on, pratiquement le plein emploi. Mais nous savons très bien comment nous calculons notre taux de chômage[NB]: Genève, avec - de mémoire - trois autres cantons en Suisse, prend également en considération les personnes qui sont à l'aide sociale, pour en faire une masse de demandeurs d'emploi. Dans la plupart des cantons suisses, on ne prend que les personnes inscrites aux offices régionaux de placement. Toutes les personnes qui ne sont tout simplement pas au chômage, parce qu'elles sont aidées par des proches, parce qu'elles ont peut-être une fierté, sans doute mal placée, qui les amène à tenir bon, à puiser dans leurs réserves, toutes les personnes qui exercent une profession qui n'est pas la leur, avec un salaire bien inférieur à celui qu'elles mériteraient[NB]; toutes ces personnes souffrent, et cette souffrance est bien réelle. Est-ce que l'on prend en considération cette souffrance qui existe dans notre pays, et qui a été exprimée en février 2014[NB]?
C'est la raison pour laquelle je considère que cette initiative impose une réflexion sur la façon de gérer notre immigration et non pas de la subir, comme nous le faisons aujourd'hui et comme certains voudraient continuer à le faire.