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Michaud Gigon Sophie · Nationalrat · 2025-12-15

Michaud Gigon Sophie · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2025-12-15

Wortprotokoll

C'est un plaisir de débattre de politique économique devant cette salle comble. Par ce postulat, je demande une réflexion sur l'industrie suisse avec une vision adaptée à 2025, donc au monde et aux règles du jeu qui ont changé. Je ne désire aucunement élargir à un secteur particulier la politique de subvention que la Confédération pratique pour certains secteurs. Je fais cette précision pour éviter d'entendre ici à cette tribune des attaques simplistes contre la politique industrielle, car ce n'est pas ce que ce postulat demande.

Und ich sage es auch auf Deutsch, um jede Missinterpretation zu vermeiden: Es handelt sich bei meinem Postulat nicht um ein Votum für eine Schweizer Industriepolitik. Es geht darum, die neuen geopolitischen Verhältnisse in Kauf zu nehmen und eine strengere Strategie zu definieren, um auf unsere Stärke und auf die nötigen Investitionen zu setzen und der heute ad hoc betriebenen Industriepolitik des Parlamentes einen Rahmen oder zumindest einen Diskussionsrahmen und eine Orientierung zu geben.

Le Conseil fédéral dit se concentrer sur des conditions-cadres stables et favorables, comme une mobilité efficace, des hautes écoles apportant un avantage concurrentiel ou des accords de libre-échange équilibrés. Je soutiens ceci, mais constate également que la désindustrialisation de la Suisse se poursuit, et, avec elle, des pertes de savoir-faire et d'emploi.

Le contexte géopolitique montre la vulnérabilité croissante de certaines chaînes d'approvisionnement et une dépendance trop forte à un ou deux États dominants. Tel que l'indique le rapport de situation 2024 sur l'économie suisse, certains secteurs stratégiques souffrent de désavantages concurrentiels évidents à la suite de l'interventionnisme politique industriel pratiqué par les grandes puissances et par les États voisins. Depuis les décisions américaines, la situation s'est encore tendue. Cela nécessite une stratégie qui ne peut se baser sur des données de 2019 pour répondre que les recettes suffisent en 2025.

Comme je le mentionne dans ma motion sur la souveraineté numérique, qui aurait aussi tout à fait eu sa place ce soir dans notre débat, le levier des marchés publics est encore très peu utilisé pour privilégier des alternatives suisses et continentales et acquérir plus d'indépendance. La question des investissements, des incitatifs économiques et des financements ciblés fait aussi partie des pistes esquissées ce soir dans d'autres débats parlementaires. Le Conseil fédéral s'oppose à la promotion de certaines branches ou entreprises et donc à leur traitement privilégié. Certes, mais le Parlement, lui, ne suit pas cette stratégie, puisqu'il adopte régulièrement des soutiens sectoriels. C'est pour ceci que j'ai déposé ce postulat. Tout le monde y va de sa demande - une fois l'industrie d'exportation d'armes, une autre la sidérurgie. Je l'ai fait également, avant cela, avec la délégation vaudoise pour Vetropack, il y a presque deux ans. Mais, déjà en 2024, cette motion visait en fait une réflexion stratégique plus large, basée sur le constat que nous perdions des filières d'économie circulaire, dans ce cas, la réutilisation du verre écologiquement logique et intégrée dans l'économie locale, comme nous avions d'ailleurs manqué le coche avec la production solaire suisse et européenne que les Verts souhaitaient promouvoir.

Entretemps, à chaque session, j'ai adapté mon intervention en plénum en faveur du savoir-faire de l'industrie suisse, de la transition et de l'innovation, car, à chaque session, une nouvelle donne internationale tendait la situation. Finalement, à force, je n'ai jamais pu la défendre en plénum et je la retirerai sans doute au profit de ce postulat. Le Conseil fédéral gagne ainsi au change.

C'est donc aussi dans l'intérêt du Conseil fédéral que le débat reçoive un cadre et une vision d'ensemble. Cela évitera de pratiquer de la politique industrielle par à-coups, soutenue par des organisations qui hier se bouchaient le nez et qui le lendemain demandent au Parlement de soutenir tel ou tel secteur. Ce postulat offre donc un cadre à une discussion qui s'intensifie toujours plus.

La Suisse a tout à gagner à esquisser un chemin cohérent en fonction des secteurs prioritaires pour notre approvisionnement, en fonction de notre savoir-faire, de notre innovation et de nos forces concurrentielles, ainsi qu'en fonction des partenariats stratégiques internationaux à privilégier par [PAGE 2343] la Suisse.[NB]Cela[NB]renforcera la résilience du tissu industriel de notre pays. [GZ]

Je vous remercie pour votre soutien.