Weber Céline · Nationalrat · 2026-03-11
Weber Céline · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2026-03-11
Wortprotokoll
Dans ma motion, "Blanchiment d'argent, cybercriminalité et criminalité organisée et transfrontalière. Renforcer la poursuite pénale", je demande au Conseil fédéral de renforcer la Police judiciaire fédérale (PJF) et le Ministère public de la Confédération (MPC) afin qu'ils puissent poursuivre efficacement et rapidement les affaires de crime organisé, de cybercriminalité et de criminalité économique. Le Conseil fédéral devra présenter à cette fin un programme d'investissement pluriannuel consacré à l'investigation numérique et à la sauvegarde des preuves, en particulier dans les domaines de la forensique numérique, de l'analyse des communications cryptées et des cryptoactifs. La coordination entre le MPC et la PJF devra en outre être réglementée de manière contraignante, par exemple sous la forme d'un complément à la convention de collaboration signée en 2014.
Selon le rapport d'activité 2024 de l'Autorité de surveillance du Ministère public de la Confédération et le rapport annuel de Fedpol, les ressources d'investigation sont insuffisantes, alors que, ces dernières années, le crime organisé, la cybercriminalité et les délits économiques graves ont gagné en ampleur, en professionnalisme et en internationalité. En outre, on ne compte plus les scènes ouvertes de la drogue, à Lausanne notamment, mais aussi dans d'autres villes de Suisse, des scènes qui ne sont que la pointe de l'iceberg d'un système complexe de multinationales de blanchiment d'argent sale, dont d'autres témoins visibles sont certaines ongleries, barbiers et autres shops, qui ont pignon sur rue et qui occupent des locaux avec des loyers élevés, alors qu'on y voit que très rarement des clients. Il y a encore les bancomats attaqués à l'explosif et pour lesquels les enquêtes encombrent également Fedpol.
Bref, le système de sécurité suisse est, lui aussi, sous très haute pression. Si l'armée et les centres d'asile occupent très souvent le devant de la scène politique, nos institutions d'investigation, comme le MPC ou Fedpol, ne peuvent pas et ne doivent pas être en reste.
Le nombre et la complexité des enquêtes ne cessent d'augmenter, les moyens manquent et, pire encore, dans certains cas, on peine à trouver les spécialistes dont nous avons besoin. Alors, si l'on comprend bien, comme le dit le Conseil fédéral dans son avis relatif à ma motion, que l'Autorité de surveillance du Ministère public de la Confédération et le Ministère public de la Confédération (MPC) lui-même sont des entités indépendantes du Conseil fédéral, ce qui est demandé dans la motion est un renforcement des moyens, mais également un renforcement de la collaboration entre le MPC et Fedpol, par exemple par un ajout à la convention de 2014, cette convention qui, elle, avait bel et bien été autorisée par le Département fédéral de justice et police.
Il ne s'agit pas de demander une réorganisation, qui irait effectivement à l'encontre du cadre légal, mais de renforcer ce qui existe déjà. En effet, la criminalité se moque des frontières institutionnelles de nos organes et, dans le jeu du chat et de la souris, nous devons agir de manière à ce que le crime organisé, le blanchiment ou encore la cybercriminalité ne puissent pas profiter de nos lacunes pour sévir et mettre notre pays en danger depuis l'intérieur. Renforcer ne signifie pas seulement augmenter les moyens et la collaboration, mais aussi décharger Fedpol, par exemple, des enquêtes qui pourraient être menées à d'autres niveaux. Je pense aux cas [PAGE 333] des bancomats attaqués à l'explosif pour lesquels les enquêtes doivent être menées par Fedpol, non pas à cause de la complexité de ces enquêtes, mais simplement parce que le moyen utilisé pour attaquer ces bancomats est un explosif et pas une voiture-bélier.
Ne laissons pas les criminels profiter de notre inaction. Il est temps de réagir. Je vous remercie par conséquent d'adopter ma motion.