Michaud Gigon Sophie · Nationalrat · 2026-04-27
Michaud Gigon Sophie · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2026-04-27
Wortprotokoll
J'ai déposé cette motion il y a deux ans exactement, lors de la décision de fermeture à Saint-Prex de la dernière usine de verre en Suisse, Vetropack, qui a cessé ses dernières activités de recyclage au début de cette année. Dorénavant, pour la production de verre, ce sera l'Italie, l'Autriche ou la Tchéquie. Avec la fermeture de Vetropack à Saint-Prex, notre consommation a donc non seulement, hélas, un plus gros impact environnemental, mais nous avons aussi perdu la dernière fonderie de verre en Suisse, des emplois, un savoir-faire acquis de génération en génération, des cercles d'économies locales et circulaires qui doivent se réinventer.
Toutefois, la motion va au-delà de ce cas particulier. Elle vise une stratégie pour l'industrie suisse. Au niveau mondial, l'interventionnisme des États dans leurs industries est de plus en plus régulier et évident. Vu les remous que connaît et connaîtra encore à l'avenir notre place industrielle dans la géopolitique commerciale actuelle, nous devons donc nous rendre compte qu'assurer notre souveraineté pour des secteurs clés est devenu crucial, qu'on ne peut appliquer certes une recette simple et unique, mais qu'on doit quand même réagir si l'on ne veut pas perdre en compétitivité et en savoir-faire, qu'il est hypocrite de fustiger toute discussion stratégique autour de notre propre place industrielle alors que nous soutenons plusieurs domaines économiques en Suisse - sans nommer ceci politique industrielle d'ailleurs - et que nous avons désormais besoin d'une stratégie cohérente en fonction des secteurs prioritaires pour notre approvisionnement et de nos forces concurrentielles, mais aussi en fonction des programmes et partenariats internationaux à privilégier.
Ces deux dernières années, nous avons débattu, dans notre conseil, par à-coup, de soutien ou de conditions spécifiques pour des entreprises individuelles. Nous avons pratiqué une politique industrielle pour des entreprises actives dans la sidérurgie, dans le domaine spatial, dans l'armement. Qu'avaient en commun ces différents objets[NB]? Chaque fois, nous avons réagi à la dernière minute et sans aucune vision stratégique industrielle globale. Or, nous constatons que cela est devenu central et que nous avons besoin de mesures si nous ne voulons pas que les PME innovantes soient rachetées et délocalisées, et si nous ne voulons pas perdre notre place. Favoriser le financement des "scale-up" et des entreprises, accélérer la souveraineté technologique, exploiter les marchés publics; autant de pistes sur lesquelles travailler. Je ne veux pas que mon pays devienne une bibliothèque à innovation, mais je souhaite que la Suisse conserve une industrie. D'ailleurs, la transition écologique est un des défis pour lequel la Suisse a des cartes économiques à jouer, grâce à son savoir-faire, à l'innovation, à la confiance qu'elle suscite, à la précision. Identifions donc les secteurs où la Suisse fait la différence, en raison de son positionnement stratégique.
Avec l'acceptation par notre conseil, il y a quelques mois, de mon postulat pour une stratégie industrielle, cette motion n'a plus lieu d'être. Je la retire en attendant le rapport du Conseil fédéral, qui ne devra pas se contenter de dire qu'il travaille sur les conditions-cadres, pour nous permettre de mener une vraie discussion, large et assumée, sur l'avenir de notre tissu industriel.