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AB 373772

Porchet Léonore · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2026-04-28

Wortprotokoll

Je suis dépitée, et si je suis dépitée, je peux imaginer que les personnes dans la tribune, celles et ceux qui ont écrit ce texte qui a été intégré dans la Constitution, celles et ceux qui ont récolté des signatures et surtout celles et ceux qui travaillent dans les hôpitaux, dans les EMS ou dans les organisations de soins à domicile sont dépités, parce que ce qui est proposé, le résultat du travail [PAGE 709] de notre commission, consiste véritablement en des applaudissements et c'est tout. L'initiative a été adoptée à 61 pour cent il y a cinq ans et, en attendant que nous prenions de mauvaises décisions, comme l'a fait cette majorité, ce sont des postes non pourvus, des infirmières surmenées et des soins retardés.

Ce qu'il se passe dans ce bloc 1 est particulièrement représentatif de ce travail assez cynique de la majorité de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national, parce que la surcharge de travail est au coeur de la crise des soins. Sans amélioration des conditions, aucune mesure de formation ou de recrutement ne suffira. La nécessité de réduire la durée effective du travail n'est pas un souhait théorique[NB]; elle vise évidemment à lutter contre l'épuisement et les départs précoces de la profession. Le travail supplémentaire doit être exceptionnel et compensé de manière fiable et suffisante, particulièrement en temps, et, si ce n'est pas possible en temps, au moins en salaire de manière correcte. Cela ne doit pas devenir une norme structurelle, comme c'est le cas actuellement. De plus, il est important de garantir des outils de suivi transparents. Surtout, nous devons - c'est aussi ce dont nous discutons dans ce bloc 1 - investir dans de meilleures conditions de travail, parce que c'est moins coûteux que le turnover et la pénurie chronique. C'est aussi plus humain pour celles et ceux qui s'occupent de ma grand-maman ou de vos parents.

J'étais présente à l'assemblée des délégués de l'UDC dans le canton de Vaud. J'y présentais le oui à cette initiative il y a cinq ans. Au moins un quart des délégués de l'UDC a voté oui à cette initiative, parce que c'est beaucoup plus malin d'avoir du personnel de santé en suffisance en Suisse que, comme cela a été dit par vos collègues, de les importer comme nous le faisons actuellement, en les volant aux pays étrangers. Nous ne pouvons faire ça qu'en améliorant les conditions de travail. Je demande donc à la majorité de l'UDC ici d'avoir un peu de cohérence.

Je vais donc me plonger dans quelques minorités avec le temps qui me reste. J'aimerais dire tout d'abord qu'en matière de durée maximum de la semaine de travail le secteur des soins est éprouvant - cela va être dit et redit pendant ce débat. Dès lors, la durée de travail trop élevée et les horaires irréguliers constituent une lourde charge. C'est l'une des principales raisons qui poussent 300 à 400 personnes par mois à quitter la profession de soignant. Il est donc important que le chiffre de 45 heures de travail hebdomadaire au maximum soit clairement inscrit. Nous souhaitons évidemment un nombre d'heures inférieur, à 42 heures. De plus, il faut que les compensations d'heures supplémentaires soient suffisantes en temps, de manière préférable, ou en salaire s'il le faut. C'est pour cela que nous allons donc suivre la minorité II (Weichelt) et, s'il le faut, la minorité I (Hässig Patrick) à l'article 5 alinéa[NB]1. À l'article 5 alinéa 2, nous suivrons, dans le même ordre, la minorité II (Weichelt) puis la minorité I (Hässig Patrick).

En matière de durée normale de travail hebdomadaire, ces propositions sont encore plus cyniques. Nous allons soutenir la durée normale de travail la plus basse possible, parce que c'est ce qui est demandé dans cette initiative et c'est ce qui améliore les conditions de travail. Nous suivons la minorité II (Weichelt) à l'article 5 alinéa[NB]1.

Je répète ce qu'a dit Mme Wyss. Je ne comprends pas votre inquiétude à confier des tâches à votre majorité du Conseil fédéral, c'est pourquoi nous suivrons la minorité Hässig Patrick à l'article 6 alinéa[NB]2.

La compensation des heures supplémentaires doit se faire de manière beaucoup plus satisfaisante, c'est pourquoi nous suivrons la minorité I (Crottaz) à l'article 7 alinéas 1 et 2 et, à défaut, la minorité II (Rumy) à ces alinéas et Rumy aux alinéas 3 et[NB]4. Je ne vous parle pas de la minorité III (Wyssmann) qui porte toujours en elle ce même cynisme.

En matière de travail de nuit, nous devons faire mieux, c'est pour cela que nous rejetterons la minorité Gutjahr.

Je vous remercie de suivre les positions du groupe des Verts.