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Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · 2026-04-30

Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2026-04-30

Wortprotokoll

Le prêt-à-porter voué au prêt-à-jeter[NB]: dans ce débat, restons concrets. Nous parlons de pollution plastique. Ce n'est pas un débat abstrait, mais c'est bien un enjeu mesurable, documenté et qui génère des coûts bien réels pour notre société et même pour l'économie. Aujourd'hui, deux tiers des fibres textiles sont synthétiques. Cela signifie qu'à chaque lavage, à chaque usure, des microparticules plastiques sont libérées. Elles se retrouvent naturellement dans les eaux, dans les sols et, à terme, dans notre chaîne alimentaire. Ce n'est pas une hypothèse, mais bien un constat scientifique. Dans le même temps, la consommation explose. Le modèle de la "fast fashion" repose sur des volumes élevés, des prix bas et une durée de vie très courte des produits. Résultat[NB]: davantage de déchets, davantage de pollution, et une pression accrue sur les systèmes de collecte existants.

La question est finalement assez simple[NB]: anticipons-nous ce problème ou le subirons-nous plus tard avec des coûts de plus en plus élevés[NB]? Selon l'avis du Conseil fédéral, la collecte fonctionne. C'est un argument qui ne tient pas face à l'évolution du marché, parce que le marché évolue particulièrement vite. Les volumes explosent, portés par la "fast fashion", alors que le système n'a pas été dimensionné pour cela. Se satisfaire aujourd'hui de l'existant, c'est ignorer une pression croissante et parfaitement prévisible. Dans n'importe quel autre domaine, on n'attend pas que les infrastructures soient débordées et saturées pour agir. Refuser d'anticiper, c'est accepter une dégradation du système et, à terme, des coûts plus élevés pour la collectivité.

Ce que je propose est très ciblé. D'abord, reconnaître la gravité de cette pollution, ce qui paraît un b.a.-ba. Sans reconnaissance, pas d'indicateur clair, pas de suivi et pas de pilotage efficace, non plus. Dans n'importe quel autre secteur économique, ce serait une évidence. Ensuite, deuxième élément, il s'agit d'améliorer l'information. Un marché efficace repose sur des choix clairs. Aujourd'hui, les consommatrices et consommateurs ne savent pas forcément distinguer facilement l'impact d'un textile synthétique par rapport à un autre produit. Donner cette information, ce n'est pas contraindre, mais permettre au marché de mieux fonctionner, d'avoir plus de transparence et plus d'informations. Enfin, troisième élément, il s'agit de se coordonner à l'échelle nationale, pas pour alourdir, mais plutôt pour harmoniser les pratiques d'un canton à l'autre. Les volumes augmentent toujours plus, les flux deviennent plus complexes et une meilleure coordination permettrait des gains d'efficacité - logistique, tri et valorisation -, puis d'utiliser également l'expertise, les bonnes expériences ici et de les apporter ailleurs.

Au final, ma motion ne vise ni une interdiction ni une contrainte excessive. Elle vise simplement à réduire des coûts futurs, à renforcer des filières qui existent déjà, mais qui ont besoin aujourd'hui d'être renforcées, à répondre à une [PAGE 858] évolution croissante sur le marché et à améliorer la transparence pour les consommatrices et les consommateurs. C'est une approche pragmatique, dans l'intérêt de l'environnement, de l'agriculture nourricière, comme de l'économie.

Je vous remercie d'avance de soutenir ma motion.