Dobler Loïc · Nationalrat · 2026-06-02
Dobler Loïc · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2026-06-02
Wortprotokoll
La Commission des finances recommande l'adoption des comptes 2025. Le groupe socialiste s'y associe sans réserve. Nous tenons en préambule à remercier l'Administration fédérale des finances pour la qualité de ses travaux et son précieux soutien dans l'accomplissement de notre travail.
Les comptes sont bons. Le frein à l'endettement est respecté, et même largement respecté. Le frein à l'endettement autorisait un déficit de 262 millions de francs. Le compte ordinaire boucle sur un excédent de 1,185 milliard de francs. Les recettes ont progressé de 4,3 pour cent, les dépenses de 2 pour cent seulement. La Confédération finance la totalité de ses investissements par ses propres moyens sans recourir à l'endettement. La dette nette recule à 16,1 pour cent du PIB et le compte de résultat dépasse largement ce qui était prévu au budget. Ce sont des chiffres solides. Ils méritent d'être posés clairement, parce qu'ils contrastent singulièrement avec le tableau qui nous était brossé lors des débats budgétaires récents. Il y a, en effet, quelque chose de troublant dans la séquence que ce Parlement rejoue session après session. À l'automne, la situation financière est décrite comme tendue, contrainte, au bord du déséquilibre, voire pire. Des coupes sont décidées dans les politiques sociales, dans les services publics. Ces choix sont présentés non pas comme des choix, mais comme des nécessités, comme si la comptabilité avait décidé à la place de la politique. Et puis viennent les comptes, et les comptes racontent une autre histoire. On répondra légitimement que le résultat de cette année doit une partie de son éclat à des recettes extraordinaires non reconductibles. C'est exact et ce n'est pas contesté. Mais ce qui n'a rien d'extraordinaire, ce qui, au contraire, est d'une banalité répétitive et prévisible, c'est le schéma lui-même[NB]: les prophéties pessimistes de l'automne, les sacrifices qu'elles commandent et les comptes, quelques mois plus tard, qui en révèlent l'exagération. Lorsque l'erreur va systématiquement dans le même sens, elle cesse d'être une erreur, elle devient une méthode, une méthode qui n'est pas sans conséquences. Derrière chaque décision budgétaire, il y a des réalités concrètes[NB]: des familles qui voient leurs prestations diminuer, des cantons qui compensent ce que la Confédération ne finance plus, des régions périphériques dont la cohésion repose sur des services publics que l'on réduit année après année. La méthode voulue par la majorité de notre conseil a un prix, et ce sont toujours les mêmes qui le payent.
Le groupe socialiste approuve ces comptes et il sera présent cet automne lorsque s'ouvrira le débat sur le budget 2027, lorsqu'immanquablement les mêmes voix expliqueront que la situation est tendue, que les marges sont inexistantes, qu'il n'y a pas d'autre issue que de couper encore dans les mêmes politiques, sur le dos des mêmes personnes. Ce Parlement a le droit d'assumer ses choix, mais qu'il les assume pour ce qu'ils sont, des choix politiques portés par une majorité, avec des conséquences assumées, et non pas des fatalités déguisées en équations budgétaires. Sous prétexte du "mieux d'État", c'est surtout le "moins d'État" qui est souhaité. En politique, il y a toujours le choix[NB]; la question est de savoir qui le supporte.