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de Quattro Jacqueline · Nationalrat · 2026-06-04

de Quattro Jacqueline · Nationalrat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2026-06-04

Wortprotokoll

La désinformation est le poison du XXIe siècle. Les "fake news", les théories du complot foisonnent sur les réseaux sociaux. Ces méthodes aussi nauséabondes que redoutables n'ont plus aucune limite. Elles cherchent aussi bien à fragiliser des États qu'à saper la confiance des citoyens à l'égard des institutions et de nos démocraties. Elles remettent en question les valeurs que nous avons héritées du siècle des Lumières.

Bien sûr, la désinformation en tant qu'instrument d'influence a toujours existé. Toutefois, le développement des technologies numériques liées à l'intelligence artificielle a largement amplifié le phénomène. Il permet de conduire efficacement des campagnes de désinformation et de subversion, et ces dernières ont atteint un niveau inégalé dans l'histoire. Résultat[NB]: il est de plus en plus difficile de distinguer le vrai du faux. La désinformation peut aussi engendrer la violence. C'est ce qui s'est passé récemment en Angleterre, à la suite de l'attaque au couteau qui a coûté la vie à trois petites filles. Des émeutes ont éclaté sur fond de rumeurs en ligne selon lesquelles l'auteur était un requérant d'asile. Ce n'était pas le cas.

Nos enfants sont aussi victimes de ces campagnes d'influence, parce que les extrémistes de tous bords cherchent les jeunes là où ils sont[NB]: sur les réseaux sociaux ou encore les plateformes de jeux. Bien sûr, ils se focalisent sur les plus influençables, sur les plus vulnérables. C'est un fait, la désinformation contribue à la montée de la radicalisation. C'est un phénomène bien connu par les services de renseignement, qui doit nous inquiéter.

Partout dans le monde, le combat contre la désinformation est donc en train de s'organiser. Que fait la Suisse[NB]? Elle est un peu à la traîne. Actuellement, il n'y a pas d'évaluation de l'ampleur de la menace ni de vraie stratégie pour sa gestion. Nous n'avons pas, à l'heure actuelle, les outils nécessaires pour lutter contre ces campagnes de déstabilisation. La coordination des divers organes de surveillance est insuffisante et les mesures d'anticipation pour nous en prémunir manquent dans une large mesure.

Avec ma motion, je demande donc au Conseil fédéral de mettre en place une stratégie visant à combattre la désinformation. La Suisse se doit d'anticiper, afin de se prémunir contre les dégâts causés par la désinformation. Il est indispensable de se protéger contre ces zones de non-droit et de tous les dangers qui en découlent. L'avis du Conseil fédéral à ma motion ne m'a pas convaincue sur sa volonté d'agir. Même si le gouvernement prend au sérieux la menace et admet qu'il faut accorder davantage d'attention à cette problématique, il souhaite attendre un nouveau rapport et analyser encore la situation. Moi, je suis d'avis que nous n'avons plus le temps d'attendre, de tergiverser, d'attendre un énième rapport. Au vu de l'urgence de la situation, il m'apparaît que nous avons besoin de mesures efficaces que nous pouvons mettre en oeuvre rapidement. Pas demain, mais aujourd'hui.

Chers collègues, l'utilisation de fausses informations est devenue une arme de la guerre hybride déjà en cours. Elle exige une réaction rapide et efficace. La réponse à ce nouveau risque est la mise en oeuvre d'une véritable stratégie qui non seulement garantit la libre formation de l'opinion publique, indispensable dans une démocratie comme la nôtre, mais protège aussi nos processus démocratiques et nos institutions. Merci de soutenir ma motion.