Golay Roger · Nationalrat · 2026-06-08
Golay Roger · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2026-06-08
Wortprotokoll
La Suisse fait aujourd'hui face à un défi majeur[NB]: garantir son approvisionnement en électricité en tout temps. Nous vivons dans un pays moderne, fortement dépendant de l'énergie pour nos hôpitaux, nos transports, notre économie, nos communications et notre sécurité. Pourtant, les risques de pénurie augmentent. Les hivers deviennent plus critiques, notre consommation électrique progresse et notre dépendance envers l'étranger nous rend vulnérables aux crises internationales. C'est précisément pour répondre à cette réalité que l'initiative populaire, "De l'électricité pour tous en tout temps (Stop au blackout)", est essentielle.
Cette initiative repose sur une idée simple et de bon sens qui est d'assurer à la Suisse une production électrique suffisante, stable et indépendante. Aujourd'hui, nous consommons davantage d'électricité à cause de la transition énergétique, de l'électrification des transports, du chauffage et du développement numérique. Même l'intelligence artificielle et les nouvelles technologies exigent toujours plus d'énergie. Mais dans le même temps, certaines centrales arrivent en fin de vie et les énergies renouvelables seules ne suffisent pas encore à couvrir nos besoins durant toute l'année, particulièrement en hiver. Nous ne pouvons pas prendre le risque de dépendre uniquement des importations. En cas de crise européenne, chaque pays cherchera d'abord à protéger sa population. La Suisse doit donc conserver une capacité de production nationale forte et diversifiée.
Cette initiative ne s'oppose pas aux énergies renouvelables. Au contraire, elle reconnaît qu'il faut toutes les solutions disponibles pour garantir notre sécurité énergétique. L'hydraulique, le solaire et l'éolien ont un rôle important, mais ils sont intermittents. Quand le soleil ne brille pas et le vent ne souffle pas, il faut une production stable, capable de répondre à la demande. C'est pourquoi il serait irresponsable de fermer la porte à de nouvelles technologies nucléaires modernes. Les centrales de nouvelle génération offrent des niveaux de sécurité bien supérieurs à ceux du passé, produisent une électricité presque sans CO2 et permettent une production continue, indépendante des conditions météorologiques.
Cependant, permettez-moi aussi de dire clairement que nous manquons aujourd'hui de volonté politique au sommet de l'État. Trop souvent, le Conseil fédéral reconnaît publiquement le risque de pénuries électriques tout en refusant de soutenir des projets concrets capables d'améliorer notre autonomie énergétique. J'en veux pour preuve la motion 26.3077 que j'ai déposée concernant le barrage hydraulique de Conflan à Genève. Ce projet pourrait produire environ 120 gigawattheures par année, soit l'équivalent de la consommation de 90[NB]000 foyers. Dans un contexte où la Suisse peine déjà à atteindre ses objectifs de production hivernale, on pourrait penser qu'un tel projet recevrait un soutien clair et déterminé. Or, que répond le Conseil fédéral[NB]? Que ce barrage ne correspond pas exactement à la catégorie administrative des centrales à accumulation prévue dans la loi. En d'autres termes, on préfère opposer des critères technocratiques plutôt que d'encourager des solutions concrètes et immédiatement utiles pour notre sécurité énergétique. Cette attitude est incompréhensible. Quand le risque de blackout menace, chaque kilowattheure produit en Suisse compte. Chaque projet hydraulique et chaque amélioration de notre production nationale devraient être considérés avec pragmatisme et un esprit de responsabilité. Les citoyens attendent des actes, pas des excuses administratives. Ils veulent un pays capable d'anticiper les crises au lieu de les subir. Refuser ou ne pas soutenir des projets innovants ou complémentaires, c'est affaiblir notre souveraineté énergétique et augmenter notre dépendance envers l'étranger.
Vous l'aurez compris, le principe de responsabilité partagée entre la Confédération et les cantons me conduit également à privilégier l'initiative au contre-projet. Les défis de l'approvisionnement électrique concernent l'ensemble du pays et nécessitent une mobilisation de tous les échelons institutionnels. Refuser d'anticiper aujourd'hui, c'est accepter demain le risque de blackout, de hausses massives des prix d'électricité et d'une dépendance accrue envers les pays étrangers. Ce serait affaiblir notre économie, notre industrie et le pouvoir d'achat des familles suisses. La Suisse a toujours su faire preuve de pragmatisme et de responsabilité. Cette initiative va dans le sens de garantir notre souveraineté énergétique, préserver notre prospérité et assurer à nos enfants un pays capable de produire l'électricité dont il a besoin.
Pour une Suisse forte, indépendante et protégée contre les pénuries, je vous invite à recommander d'accepter l'initiative Stop au blackout.