Marty Dick · Ständerat · 2003-09-30
Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2003-09-30
Wortprotokoll
Vous comprendrez que je prenne la parole même si je n'avais pas prévu de le faire, vu que mon collègue Lombardi avait fait une proposition de minorité et que c'est lui qui aurait dû argumenter. Mais vu les circonstances, j'aimerais quand même vous proposer quelques réflexions.
Tout d'abord, je constate qu'au sein de la commission, il y a quand même un malaise, Monsieur Leuenberger-Solothurn: parce qu'une fois, concernant l'initiative du canton du Tessin "Réduction des centres de tri du courrier", elle propose de ne pas donner suite par 5 voix contre 2 et avec 3 abstentions, et l'autre fois, concernant l'initiative du canton du Valais "Restructuration de la Poste", elle propose de ne pas donner suite par 5 voix sans opposition et avec 5 abstentions. Donc, il y a un malaise, et ce malaise est ressenti dans la population.
La Poste est en train de procéder à cette restructuration d'une façon, je dirai, un peu brutale et sans consulter suffisamment les autorités locales. La Poste, comme les Chemins de fer fédéraux, ne sont pas des entreprises comme les autres. La Poste et les CFF, comme les douaniers, ont constitué et constituent toujours dans ce pays un facteur important de cohésion nationale. La façon dont cette restructuration est conduite soulève quelques craintes même si on [PAGE 987] est tout à fait conscient des obligations financières et de la pression auxquelles l'entreprise est soumise.
En tant que Suisse italien, je dois quand même constater, qu'il s'agisse des CFF, de la Poste ou de l'armée, que chaque fois qu'il y a une décision de restructuration, le choix se fait systématiquement en faveur du Nord des Alpes. Lorsque pour les CFF il a fallu choisir entre Bâle et Chiasso pour construire une gare de triage, c'est bien évidemment Bâle qui a été choisie; maintenant, pour les centres de tri de la Poste, on prévoit aussi d'éliminer le centre au Tessin. Or je me permets quand même de vous rappeler que le Tessin n'est peut-être pas tout à fait un canton comme les autres. C'est le seul canton qui est entièrement au Sud des Alpes; ce qui signifie, avec les problèmes de trafic aujourd'hui, quand même une particularité ressentie durement. Le Tessin est le seul canton entièrement de langue italienne et donc, dans la Confédération, il représente quand même une partie du pays - c'est la culture italienne - et il a donc, je crois, une position particulière. Alors, ce qu'est en train de faire la Poste aujourd'hui mérite quand même une certaine critique ici.
J'aimerais encore ajouter une réflexion plus générale. Que ce soit aux Chemins de fer fédéraux ou à la Poste, il n'y a aucun haut fonctionnaire suisse italien; aucune des deux directions générales n'a un membre suisse italien. Cette même constatation vaut aussi pour l'administration fédérale. Sur la quantité d'offices fédéraux qui existent, il n'y a pas un seul Suisse italien qui soit directeur. Je crois que cela mériterait quand même une certaine réflexion de la part du Conseil fédéral.
Maintenant, pour ce qui est de l'initiative du canton du Tessin: elle a quand même été votée à l'unanimité par le Grand Conseil, ce qui exprime tout de même un très fort malaise dans mon canton. Je peux comprendre que vous ne votiez pas la proposition de minorité. Cependant, je me permets de vous inviter à agir comme la moitié de la commission, c'est-à-dire à vous abstenir. Comme cela, on pourrait quand même donner à l'entreprise La Poste un signal pour qu'elle procède avec un peu plus de sensibilité dans sa restructuration.