Studer Jean · Ständerat · 2004-03-02
Studer Jean · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2004-03-02
Wortprotokoll
Celles et ceux d'entre vous qui ont participé au débat en 2001 se souviennent vraisemblablement que j'avais mené la minorité pour m'opposer à la dépénalisation telle qu'elle était proposée, et l'est encore par le Conseil fédéral.
Je reste d'avis que cette solution proposée par le Conseil fédéral représente un trop grand pas en avant par rapport à la situation actuelle. Comme vient de le dire Monsieur Epiney, dans ce domaine, il faut faire preuve d'humilité. Les grands pas en avant n'apportent pas de solutions durables.
Je me suis toujours un peu étonné: comment cette chambre, réputée conservatrice, était à l'époque, finalement, dans sa majorité d'accord avec le Conseil fédéral? J'ai cherché des explications. Je me suis dit: cette chambre est conservatrice, mais elle est aussi libérale et, comme l'exprimait Monsieur Schweiger, basée sur la responsabilité individuelle. Il y avait là une certaine cohérence. Et je me suis aussi demandé si cette chambre, en acceptant la dépénalisation, n'avait pas réagi comme les parents qui apprennent que leur enfant fume, ou qui apprennent que leur neveu fume et qui se disent: "Finalement, laissons aller!" Ce sont des réactions que l'on constate parfois de dire: "On ne réagit pas, on laisse aller, on fait comme si ça n'existait pas."
Je trouve que dans les propositions de ne pas entrer en matière, il y a finalement la même philosophie. Il y a la même philosophie, la philosophie de ne pas voir qu'il y a un vrai problème et que ce problème mérite d'être traité au niveau du Parlement. On ne peut pas, après avoir fait semblant de ne pas voir l'enfant qui fume, faire semblant qu'il ne fume pas, car, en fait, il continue à fumer!
Je crois que, dans ces questions qui mêlent à la fois la morale, des implications sociales et forcément aussi des implications économiques, il faut faire preuve de pragmatisme. Le fondamentaliste de la dépénalisation me paraît autant dangereux que le fondamentaliste de l'interdiction; il y a des voies médianes à trouver.
J'avais défendu, et je défendrai encore des propositions d'opportunité de la poursuite.
Lorsqu'un accident s'est produit, la police établit un cordon autour du lieu de l'accident et dit: "Circulez, il n'y a rien à voir!" Je ne peux pas imaginer que, face au problème que constitue la consommation de drogue aujourd'hui dans ce pays, le Parlement dise: "Circulez, il n'y a rien à voir!" Je pense au contraire qu'il faut que le Parlement s'arrête sur cette question et admette qu'il y a quelque chose à faire.
C'est pourquoi, avec toutes les réserves que j'émets et que j'ai déjà formulées à l'égard du projet du Conseil fédéral, je vous invite à entrer en matière pour que nous nous attelions à la tâche et que nous ne fassions pas semblant que tout est réglé ou qu'il n'y a rien à régler.