Mugny Patrice · Nationalrat · 2000-06-06
Mugny Patrice · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2000-06-06
Wortprotokoll
Il a été dit de très nombreuses fois pendant ce débat sur les comptes 1999 qu'en période de vaches grasses, qu'il faut économiser, mettre de l'argent de côté et arriver, dans les périodes difficiles, à dépenser plus, voire à faire des déficits. Alors là, on confine à l'absurde, puisque ce pour-cent, au moment où cela va mieux, on veut le supprimer avant même qu'il ait permis d'accomplir ce pour quoi il avait été décidé, soit résorber la dette du chômage.
Il a été dit également ici qu'on ne sait pas si la conjoncture va rester radieuse encore longtemps, et il est évident qu'il sera difficile, si le chômage revient en force, de faire de nouvelles propositions de recettes dans une période difficile, si celle-ci par malheur advient. Donc, il y aura de nouvelles attaques contre les prestations.
Et si par miracle, et si par bonheur le chômage reste bas, ce que nous souhaitons évidemment tous ici, je ne vois pas en quoi une petite réserve dans la caisse de l'assurance-chômage pourrait faire du mal. On pourrait même - si la situation heureuse se poursuit - imaginer une attribution, par exemple à la formation continue.
La réduction de la dette a été proclamée depuis des années, de la part de la droite, comme une priorité absolue. J'aimerais voir enfin les partis bourgeois tenir leur parole et accepter que la priorité absolue, dans le cas du chômage, c'est de supprimer la dette. Gouverner, c'est prévoir, et j'aimerais bien que, puisque cette formule vient aussi des bancs de la droite, on l'applique effectivement en l'occurrence.
Un dernier élément d'information concernant ce troisième pour-cent. Il a été décidé, lors de la célèbre table ronde, si ma mémoire est bonne, qu'il y aurait des sacrifices des deux côtés. Une fois de plus, on voit que les sacrifices ne vont que dans un sens. Et que l'on ne me rétorque pas que ce troisième pour-cent va également aux travailleurs, et non pas seulement au patronat: le but, il est effectivement de laisser une situation saine pour tout le monde et de ne pas s'en prendre aux chômeurs, lorsque la situation sera de nouveau - si jamais cela se passe - détériorée.
Je vous propose de rejeter cette suppression du troisième pour-cent du chômage avant la date prévue par le Conseil fédéral.