AB 45115
Menétrey-Savary Anne-Catherine · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2004-09-28
Wortprotokoll
Les deux propositions de minorité à l'alinéa 1bis de cet article 5 semblent plutôt inoffensives. Monsieur Randegger disait: "Il ne faut pas engager une guerre de tranchées." C'est vrai que ce n'est qu'exceptionnellement qu'on ouvrirait l'accès aux porteurs de maturité sans expérience professionnelle. Mais aux yeux du groupe des Verts, l'exception, c'est déjà trop. Sur ce point, nous soutenons la majorité qui maintient l'exigence de l'expérience professionnelle d'une année.
Nous sommes bien conscients qu'il est difficile de trouver des places de stage. Mais cet argument ne nous arrête pas. En effet, on ne voit pas en vertu de quoi les places seraient difficiles à trouver avant les études, mais ne le seraient pas pendant les études. Nous avons aussi le sentiment que cette pénurie de places peut s'expliquer par la mauvaise volonté de certains employeurs, comme c'est le cas d'ailleurs pour les places d'apprentissage. En fait, c'est entre les écoles et le monde du travail que cette affaire devrait pouvoir se régler, et les étudiants devraient pouvoir bénéficier du soutien actif des écoles professionnelles plutôt que de devoir se débrouiller seuls face à des employeurs réticents.
Mais il faut surtout voir que, bien qu'anodine, cette dérogation fausse totalement la philosophie même des HES. Cela fait bien quarante ans que j'entends parler de la nécessité de revaloriser les métiers par rapport aux filières académiques. Et pourtant, toujours, on continue à privilégier ces dernières en faisant des ponts d'or aux gymnasiens par rapport aux apprentis. Revaloriser, cela ne signifie pas qu'on veut faire oeuvre charitable en tendant une perche à ces pauvres apprentis! C'est reconnaître que certains disposent d'une intelligence pratique, d'une habileté technique, d'une capacité de création, d'une capacité d'entreprendre que bien des étudiants pourraient leur envier.
Bien sûr, un des objectifs du système de formation est d'offrir des passerelles pour favoriser la perméabilité des filières. Mais l'ouverture dont il est question ici n'est qu'à sens unique, puisque les porteurs de maturité professionnelle, eux, n'ont pas accès aux universités sans examen.
Aujourd'hui déjà, le flux des gymnasiens vers les apprentissages génère une surenchère d'exigences scolaires de la part des patrons, dont ont cruellement à souffrir les jeunes qui sortent des autres filières, ou qui sont peu motivés par l'école. Il n'est absolument pas certain, de plus, que ces exigences soient bien celles dont on a besoin pour l'exercice d'un métier.
Pour en revenir aux HES, tout ce qui contribue à les faire dériver vers les filières universitaires et les enseignements académiques contribue à la discrimination des jeunes moins scolarisés ou au déclassement de leurs compétences techniques ou créatrices.
A cet article 5 alinéa 3 notamment, mais aussi ailleurs dans cette loi, on trouve des dispositions auxquelles j'ai été particulièrement attentive, en raison de la motion 04.3108 que j'ai déposée au printemps dernier concernant la reconnaissance des écoles privées de formations professionnelles pour étudiants étrangers.
Que ce soit à cet article 5 sur les conditions d'admission, ou encore plus aux articles 12: qualification des enseignants, 14: autorisation, 16: accréditation, je vois toute une série de dispositions qui permettraient de donner à cette motion une bien meilleure réponse que celle que le Conseil fédéral a fournie et qu'il a assortie d'un rejet de celle-ci.
Je n'ai pas déposé ici de proposition individuelle, mais je souhaite que le Conseil fédéral, par une interprétation élargie de la présente loi, trouve le moyen de favoriser la reconnaissance et l'accréditation des écoles privées qui présentent toutes les garanties de qualité, et d'éliminer celles qui ne sont pas sérieuses et qui portent atteinte à la réputation et au crédit de notre système de formation.
Je le rappelle, le groupe des Verts vous invite à soutenir la proposition de la majorité.