Amgwerd Madeleine · Ständerat · 2004-10-06
Amgwerd Madeleine · Ständerat · Jura · Christlichdemokratische Fraktion · 2004-10-06
Wortprotokoll
J'aimerais dans ce débat d'entrée en matière intervenir de manière très générale et mettre simplement en évidence ce qui a orienté ma position tout au long de la discussion en commission.
Il me paraît évident qu'il était nécessaire de revoir cette loi et de l'adapter aux nouvelles connaissances et pratiques en la matière. Cependant, et très vite, il m'est apparu que les demandes provenant des défenseurs de la protection des animaux étaient excessives. Pour quelles raisons? Je pars du principe simple, peut-être simpliste au yeux de certains, que les personnes qui s'occupent d'animaux ne le font pas avec l'objectif de les maltraiter, que ce soient des paysans avec leur bétail ou des éleveurs - je pense en particulier aux éleveurs de chevaux qui sont nombreux dans mon canton. Je constate que ces personnes ont un bon contact, voire une relation affective avec les bêtes dont elles ont la garde. Les paysans et les éleveurs sont attachés à leurs bêtes, ils s'en occupent avec soin, sans vouloir leur causer douleurs, maux ou dommages ou les mettre dans un état d'anxiété, pour parler comme la loi.
Même si, mais aussi parce que, l'élevage est une partie de son gagne-pain, cela n'empêche aucunement qu'il existe une vraie relation entre le propriétaire et son bétail. C'est en tout cas ce que j'ai ressenti à chaque fois que je suis entrée dans une écurie ou que j'ai discuté avec des paysans ou des éleveurs. Imaginer que le paysan ou l'éleveur - et j'utilise volontairement les termes du projet de loi - ne tienne pas compte au mieux des besoins des animaux et ne veille pas à leur bien-être est un jugement erroné et citadin. Les cartes des membres de la protection des animaux que nous avons reçues l'ont confirmé.
D'autres personnes s'occupent aussi d'animaux. Je pense ici à celles et ceux qui travaillent dans des jardins zoologiques ou dans de petits parcs avec des animaux, voire dans les cirques. Ces personnes le font pour gagner leur vie, mais elles ont aussi choisi ce genre de travail parce qu'elles aiment le contact avec les animaux ou qu'elles l'établissent en s'en occupant. De plus, le rôle pédagogique et de loisirs que remplissent les jardins zoologiques et les cirques permet aux enfants des villes et d'ici d'apprendre à connaître des animaux qu'ils n'auraient pas l'occasion de côtoyer autrement.
Par ces exemples, je voudrais simplement affirmer que les personnes qui ont la responsabilité d'animaux et qui en possèdent, comme le propriétaire d'un chat ou d'un chien de compagnie, par exemple, le font consciencieusement parce qu'elles aiment les animaux et qu'il leur importe que ceux-ci soient bien traités et soignés. En lisant les affirmations et les exigences des organisations de protection des animaux, j'ai l'impression qu'elles doutent de cela, et pour ma part, je ne saurais accepter un tel jugement. Je le trouve injuste, faux et, comme je l'ai déjà dit, très citadin.
Dernière affirmation en lien avec les valeurs que je souhaite défendre en politique: quelle attention et quelle importance entendons-nous donner aux animaux? Quelle attention et quelle importance entendons-nous donner aux enfants? Je vais être un peu provocatrice: j'ai parfois l'impression que dans certains milieux les intérêts des animaux sont plus importants que ceux des enfants. Je sais aussi que pour certains l'affection pour un animal est plus grande que celle donnée aux enfants. Pour moi, la dignité de l'enfant, le respect de son intégrité psychique et physique, l'attention que l'on portera à son cadre de vie, à son éducation et à sa formation priment l'attention portée aux animaux.
C'est avec cette conviction et dans cet esprit que j'ai étudié ce projet de loi. Ces deux remarques générales sont en [PAGE 600] quelque sorte pour moi des postulats de départ. Face aux demandes et exigences des organisations de protection des animaux, je n'ai pas toujours eu l'impression que c'étaient des acquis.
Cela étant dit, je vous propose d'entrer en matière et d'accepter le projet de loi tel que présenté par la commission.