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Recordon Luc · Nationalrat · 2004-12-08

Recordon Luc · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2004-12-08

Wortprotokoll

Au nom du groupe des Verts, je voudrais souligner une fois encore qu'il y a ici avant tout une question d'équilibre à trouver. L'écologisme, en tant que [PAGE 1991] philosophie politique basée sur l'observation des phénomènes de l'environnement, conduit en effet à observer longuement que seuls les équilibres fondamentaux permettent de préserver les intérêts à long terme d'une société. C'est déjà la raison pour laquelle il faut approuver l'extension à l'Est. Celle-ci est en effet une condition fondamentale du développement de l'Union européenne et du partenariat privilégié que nous pouvons entretenir avec elle. C'est à ce titre-là que nous pouvons espérer que cette construction continuera sur la bonne voie dans des pays qui, pour nous, étaient extrêmement perturbés et qui menaçaient d'entrer en guerre.

Quand on sait les risques que la disparition de la paix et l'arrivée de la guerre font courir aujourd'hui à différents pays, quand on sait les risques que nous avons courus pendant la période de la guerre froide jusqu'à la chute du mur de Berlin, tout doit être entrepris - je le répète avec force - pour que cela ne se reproduise plus. La Suisse doit apporter sa pierre à cette construction, tout particulièrement pour les pays à la démocratie et à la stabilité encore fragiles à l'Est.

Cela étant posé, je crois que nous ne pouvons pas non plus négliger les autres équilibres. L'extension à l'Est pose des problèmes indéniables d'équilibre aussi dans notre pays; c'est l'équilibre par rapport à notre marché du travail et par rapport à nos entreprises. Il n'a presque été question que de cela et je vais donc aussi en dire un mot ici, car les Verts ont aussi à s'exprimer sur cette question.

En effet, dans le cadre des équilibres du développement durable, le rapport entre l'environnement et le reste des enjeux n'est pas le seul. Nous prenons en considération les équilibres sociaux et les équilibres économiques avec autant d'attention, de minutie et d'intérêt. Précisément, dans le cas particulier, nous avons pu voir à l'occasion déjà des Bilatérales I les risques importants que des mesures d'accompagnement insuffisantes faisaient courir à la paix sociale dans ce pays - cela a été dit par exemple par Monsieur Rennwald - ou aux entreprises, et cela, je crois que personne ne le nie.

Je peux d'ailleurs être d'accord avec Monsieur Spuhler pour dire que l'économie se débat face à deux enjeux, face à ses marchés et face à ses employés, et que cela n'est pas facile. Mais je crois aussi que la réponse qui est apportée par les mesures d'accompagnement renforcées à l'occasion des Bilatérales II est indispensable.

Je regrette que l'on se contente ici de se parer parfois des plumes du paon, de se targuer d'être le seul à savoir quoi que ce soit en économie sous prétexte qu'on serait le seul vrai entrepreneur. Croyez-vous, Monsieur Spuhler, être parmi les seuls à savoir comment on gère des entreprises et comment on gère une économie? Je crois au contraire que vous êtes tombé dans de graves contresens lorsque vous avez appelé à refuser les mesures d'accompagnement, car c'est leur absence qui est de nature à entraîner un déséquilibre tant sur le plan social vis-à-vis des travailleurs que sur le plan des marchés vis-à-vis de nos concurrents étrangers.

Ce déséquilibre pourrait être extrêmement grave, en particulier si l'on continuait dans la voie qui se rencontre dans les cantons frontaliers, Genève et le Tessin tout particulièrement. On se rend compte à quel point les tricheurs de toute nature peuvent profiter de mesures insuffisantes.

C'est donc, encore une fois au nom des équilibres, y compris de l'équilibre économique, y compris de la lutte contre les risques que nous fait courir une économie sans bornes, sans limites minimales, que je vous invite à approuver tant le protocole relatif à l'extension de l'accord sur la libre circulation des personnes que les mesures d'accompagnement.