Lexipedia

Neirynck Jacques · Nationalrat · 2000-06-21

Neirynck Jacques · Nationalrat · Waadt · Christlichdemokratische Fraktion · 2000-06-21

Wortprotokoll

Parmi les sophismes des opposants à l'initiative populaire "Rues pour tous", j'ai relevé cette perle que je viens d'entendre: "Plus vite une auto circule, moins de temps elle passe dans une ville", sous-entendu moins elle court de risques de provoquer un accident. Voilà la thèse de la majorité de la commission.

Si un étudiant me proposait cela, il échouerait bien entendu à son examen. Je souhaite remettre les pendules à l'heure et souligner un détail technique important qui n'a pas été vraiment mentionné. L'énergie d'un véhicule en mouvement est proportionnelle non pas à la vitesse, mais au carré de la vitesse. Cela veut dire qu'un véhicule à 30 km/h déploie une énergie qui vaut seulement 36 pour cent de ce qu'elle est à 50 km/h. Cela signifie que s'il faut 10 mètres pour s'arrêter [PAGE 786] dans un cas, 3,6 mètres suffisent dans l'autre. Il y aura donc mécaniquement beaucoup moins d'accidents. Comme l'énergie du choc est elle aussi diminuée des deux tiers, s'il reste des accidents, ils seront moins graves. Il en est de même, dans la même proportion, pour le bruit et la pollution.

Il n'est donc pas exact, comme cela a été dit en commission dans la bouche du conseiller fédéral, d'avancer l'argument absurde selon lequel pour obtenir zéro accident, il faudrait empêcher les véhicules de circuler. Il est impossible de tuer quelqu'un en circulant à trottinette ou en vélo. En tombant de 50 à 30 km/h, on se rapprochera beaucoup plus qu'on ne l'imagine de l'objectif zéro mort.

Pour l'instant, chaque année, 200 personnes sont tuées dans les villes, dont 40 enfants. Personne ne défend la thèse absurde selon laquelle l'initiative ne réduirait pas le nombre de morts. Mais on a laissé entendre que le bénéfice serait restreint. J'ai démontré que l'effet de l'initiative serait beaucoup plus important qu'on ne le croit.

Nous allons donc voter non pas sur une limitation de vitesse, mais sur une réduction du nombre de morts. Notre Conseil va décider d'un certain contingent de morts acceptables - 100, 150, 200 -, sans même parler des blessés.

Si vous n'avez pas le courage de soutenir cette initiative, je vous conjure au moins de ne pas vous y opposer et de vous abstenir. Voter contre l'initiative, c'est voter pour la mort - celle des autres. Epargner la vie d'un seul enfant vaut la peine que tout le monde accepte de faire un tout petit effort.