Lexipedia

Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2005-03-07

Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2005-03-07

Wortprotokoll

En français, on dit: "Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage." En réalité, ici on essaie de trouver des défauts à cet avion. On nous dit ainsi qu'il n'aurait pas une autonomie de vol suffisante pour rapatrier, par exemple, les Suisses de l'étranger de la Côte-d'Ivoire jusqu'en Suisse - comme s'il était question de ça! Il est question en réalité de pouvoir aller chercher des Suisses, des compatriotes qui seraient en danger, en allant atterrir sur des aérodromes militaires là où il n'y a plus de possibilité d'ouverture d'aérodromes civils, et de les ramener, justement, à des aérodromes civils. Ou bien, on nous dit à droite que véritablement ces avions ne serviraient à rien et que vraiment, on n'a pas besoin d'avions de transport, qu'on a tout ce qu'il faut sur place pour participer à ces missions, au Kosovo ou ailleurs.

La vérité, c'est qu'à gauche, on n'aime pas que l'armée participe à des tâches humanitaires parce qu'on aimerait en réalité pouvoir dire constamment que l'armée est inhumaine; et qu'à droite, on n'aime pas que ces avions puissent participer à des actions pour la paix parce qu'en réalité, on n'aime pas le rôle international de l'armée. Ainsi, les extrêmes se touchent!

Alors, au nom du groupe radical-libéral, je vous dis ceci: les missions de l'armée ont été acceptées par ce Parlement; elles ont été acceptées par le peuple, et si nous voulons être fidèles démocratiquement, si nous voulons vraiment faire de la politique, nous devons accepter ces avions de transport parce que ce sont les moyens pour accomplir les missions que nous avons données au Conseil fédéral, aussi bien pour ce qui concerne la promotion de la paix que le rapatriement des Suisses de l'étranger.

Il n'est pas digne de la Suisse que, par exemple au Kosovo, en Bosnie ou ailleurs, ou pour rapatrier nos compatriotes de Côte-d'Ivoire ou d'ailleurs, nous ayons toujours besoin des avions des autres, dans des cas où des avions de transport seraient nécessaires - des avions des autres, et parfois des avions de pays qui sont moins importants que le nôtre! Il est donc tout simplement digne, démocratique et opportun - ça tombe sous le sens! - que nous donnions au Conseil fédéral ces deux avions de transport qui nous sont demandés. Nous sommes maintenant dans la procédure d'élimination des divergences; il serait quand même navrant - et ce serait un signe extrêmement négatif - que, finalement, notre Parlement n'accepte pas ces avions de transport. Cela serait perçu véritablement comme une sorte de démission ou de mesquinerie. Ce ne serait vraiment pas du tout conforme à tout ce que nous avons voulu politiquement dans ce registre.

C'est la raison pour laquelle, au nom du groupe radical-libéral, je vous demande instamment d'éliminer cette divergence et de vous rallier à la décision du Conseil des Etats.