Marty Dick · Ständerat · 2005-03-09
Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2005-03-09
Wortprotokoll
Ce débat m'amène à penser qu'on a probablement plus de problèmes lorsqu'on a de l'argent que lorsqu'on n'en a pas et que, peut-être, ce débat est plus difficile que celui que l'on aura tout à l'heure.
Il me semble aussi que la discussion que nous avons maintenant est un problème de marketing politique. Dans le fond, que l'on donne cet argent - ces 7 milliards de francs - aux assurances sociales ou à la caisse fédérale, il n'y a pas là une grande différence. Il faut être honnête: il y a des "vases communicants" entre toutes ces institutions; donc, savoir ce qu'on veut faire de cet argent devient - j'en suis presque persuadé maintenant - un problème de marketing politique. Donner 7 milliards de francs aux assurances sociales, c'est bien, mais est-ce vraiment mieux que de les donner à la caisse fédérale? C'est clairement mieux vendable, et on a ainsi l'impression de contribuer à résoudre un problème.
En ce qui me concerne, je ne crois pas qu'on contribue à résoudre un problème: on donne l'impression de résoudre un problème. Les assurances sociales, c'est la fameuse histoire du problème de la baignoire, qu'on posait dans les premières classes de mathématique et de physique: il y a un robinet et il y a un écoulement. Le problème, aujourd'hui, est qu'il y a beaucoup plus d'eau qui sort de la baignoire que d'eau qui y entre. Est-ce qu'on résout le problème en versant une seule fois un seau d'eau dans cette baignoire? On dit qu'on contribue à résoudre le problème en versant le seau d'eau; pour ma part, je ne le crois pas. On donne l'impression qu'on le résout, et je trouve que cette impression est assez dangereuse. C'est au niveau du "robinet" - ou de l'"écoulement" - qu'il faudra vraiment résoudre le problème des assurances sociales. Ces 7 milliards de francs, au fond, c'est beaucoup d'argent, mais, pour les relativiser, ce n'est qu'un très petit nombre de mois de rentes AVS payées.
Si on ne veut pas faire du marketing, si on veut faire les choses très correctement, on doit verser cet argent à la caisse fédérale, comme la loi le prévoit aujourd'hui. C'est le moment de vraiment résoudre le problème des assurances sociales.
La solution qui est proposée par la majorité est quand même un peu improvisée - je m'excuse de le dire, mais j'ai participé aux travaux de la commission. Le débat était assez confus: à un certain moment, on n'avait même pas de textes [PAGE 162] écrits sous les yeux, ça a été fait sans aucune véritable consultation. En fait, nous avons confectionné cette solution pour faire face à l'initiative COSA.
Pour qu'il n'y ait pas de malentendu, je précise qu'à mon avis, cette initiative doit être rejetée, parce qu'il est tout à fait dangereux de créer cette relation Banque nationale-assurances sociales. A mon avis, c'est une très dangereuse atteinte à l'indépendance de notre institut, et cette indépendance est une garantie de la stabilité monétaire.
Je crois qu'on ne fait pas un très bon travail en adoptant le projet de la majorité. Si vraiment on veut investir cet argent dans les assurances sociales, que l'on entende au moins le ministre en charge de ces dossiers pour trouver une solution qui soit harmonisée, ce qui n'a pas été fait.
Je vous invite donc, avec conviction, à soutenir la proposition de la minorité.