Langenberger Christiane · Ständerat · 2005-03-09
Langenberger Christiane · Ständerat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2005-03-09
Wortprotokoll
Je crois que ce n'est pas la dernière fois que nous parlons de l'or de la Banque nationale pour l'AVS, d'après ce que je viens d'entendre, d'autant plus que je vais dire le contraire de ce que vient de dire ma collègue qui s'est exprimée avant moi.
J'aimerais tout d'abord revenir sur l'initiative COSA. Je ne pense pas non plus que ce sera une initiative facilement "acceptable". Si c'est un membre du groupe UDC, Monsieur Jenny, qui parle d'"unheilige Allianz", je le crois aussi: quand le Parti socialiste et l'UDC se mettent ensemble, cela représente un poids évident auprès de la population. Il faut donc combattre l'initiative précitée en mettant véritablement beaucoup de poids dans la balance.
J'aimerais aussi relativiser la somme que ces 7 milliards de francs représentent. Si c'est pour combattre l'endettement de notre pays, qui est de 130 milliards de francs, comment voulez-vous que la population y croie? D'autant plus que, la [PAGE 165] semaine passée, nous avons encore pris "facilement" la décision d'augmenter le crédit destiné aux investissements pour les raccordements au réseau des lignes à grande vitesse en mettant à disposition 1 milliard de francs, alors que ce matin, dans le programme d'allègement budgétaire 2004, nous aurons beaucoup de difficultés à faire passer des économies. Donc, 7 milliards pour éponger l'endettement de la Confédération, cela me paraît difficilement "vendable" à la population.
Autre chose: je dois dire que j'ai du mal, avec ces 7 milliards de francs. On va effectivement les investir pour éponger une dette, les engloutir dans un fonds pratiquement sans fond, à cause de dépenses en augmentation dans le domaine de l'AI, d'un contrôle inefficace et de dépenses qui étaient au-dessus de nos moyens. Pensons qu'au même moment, maintenant, plusieurs pays qui nous entourent investissent massivement en faveur de la jeunesse, dans le domaine de la formation, de la recherche, et que nous, nous sommes obligés de combler un déficit que nous avons nous-mêmes contribué à créer. Je suis donc malheureuse pour cette jeunesse. La Fondation de solidarité que nous voulions créer autrefois était un projet d'avenir, et ici nous n'avons pas de projet d'avenir: nous sommes obligés d'"investir" dans un endettement.
Néanmoins, je dois dire que, malgré cela, je vais appuyer la majorité, parce qu'il me semble plus compréhensible pour la population de croire que nous avons là une possibilité, d'abord, de freiner les dépenses futures de l'AI; ensuite, avec la 5e révision de l'AI et avec des mesures immédiates, de véritablement mieux contrôler les dépenses de l'AI; et, enfin, d'aboutir, en permettant à l'AI de payer ses dettes envers l'AVS - et on crée ainsi ce fonds de compensation AI/AVS, que nous allons séparer - à ce qu'on sépare par la suite l'AI de l'AVS, pour que la population soit en face de davantage de transparence en matière de gestion, de financement et d'évolution des dépenses de l'AI et de l'AVS.
C'est la raison pour laquelle je partage l'avis de la majorité de la commission que c'est à ce problème-là qu'il faut consacrer les 7 milliards de francs.