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Leuenberger Ueli · Nationalrat · 2005-05-30

Leuenberger Ueli · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2005-05-30

Wortprotokoll

A la mi-septembre aura lieu à New York le Sommet d'évaluation des Objectifs du Millénaire pour le développement de l'ONU qui vise à réduire la pauvreté de moitié d'ici 2015. Suite aux attentats de septembre 2001, une certaine prise de conscience sur les causes de la violence et de la pauvreté s'est faite. Ainsi, divers pays de l'OCDE présentent des propositions pour contribuer à la lutte contre ces fléaux par des taxes sur les armes, les mouvements de capitaux, les billets d'avion, par le désendettement des pays les plus pauvres, par l'augmentation du budget de l'aide au développement à 0,5 pour cent du produit national brut (PNB) d'ici 2010 et à 0,7 pour cent du PNB d'ici 2015, ainsi que d'autres propositions. Afin de participer à la lutte contre la pauvreté, la Suisse avait mis en avant en 2001 son objectif de consacrer 0,4 pour cent de son PNB à l'aide au développement d'ici 2010. Cet objectif avait été rappelé lors de la Conférence internationale sur le financement du développement de Monterrey au Mexique en mars 2002 et également lors du Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg en août 2002. Ce pourcentage reste par ailleurs loin de la recommandation de l'ONU de consacrer 0,7 pour cent du PNB à l'aide au développement.

Que fait notre gouvernement pour que soit atteint le 0,5 pour cent? Il use d'une pirouette comptable en y intégrant l'aide aux requérants d'asile qui auront leur première année de séjour. L'aide publique passe ainsi de 0,37 à 0,41 pour cent entre 2003 et 2004. Le Conseil fédéral justifie cet artifice comptable par le prétexte qu'il s'agit d'une norme en vigueur dans les pays de l'OCDE et qu'il permettra de meilleures comparaisons internationales. Or, sur les 22 pays de l'OCDE, seuls 9 ont introduit cette mesure, soit moins de la moitié. Sur les 7 pays dont l'aide publique a baissé entre 2003 et 2004, on trouve un des pays les plus riches de la planète, notre pays, la Suisse.

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Ce retrait est doublement dommageable. D'une part, au niveau de notre crédibilité internationale, l'écart entre les promesses et les actes de la Suisse risque de remettre en cause la crédibilité de notre pays, qui abrite le siège de nombreuses organisations internationales, ainsi que d'organisations non gouvernementales prestigieuses telles que le CICR. D'autre part, au niveau de la population, une enquête récente a révélé qu'une majorité des personnes sondées étaient favorables à l'aide au développement, 53 pour cent trouvant qu'il ne fallait pas diminuer cette aide et 22 pour cent souhaitant une augmentation de l'effort de notre pays.

Dans ses objectifs pour la législature 2003-2007, le Conseil fédéral rappelait: "Sur le plan de la coopération au développement, il sera de plus en plus important que notre pays se dote de moyens supplémentaires. Avec d'autres pays riches, il sera appelé à renforcer son engagement tant financier que matériel pour la lutte contre les disparités sociales et la pauvreté."

Dans cette optique, le groupe des Verts vous demande d'être raisonnables, cohérents et de soutenir les propositions de la minorité Sommaruga Carlo. Ne coupez pas dans les postes de l'aide au développement et de l'aide aux pays de l'Est, je vous en prie!