de Buman Dominique · Nationalrat · 2005-06-07
de Buman Dominique · Nationalrat · Freiburg · Christlichdemokratische Fraktion · 2005-06-07
Wortprotokoll
Le travail de la Commission de gestion a essentiellement consisté à examiner à quel point les 19 objectifs fixés par le Conseil fédéral dans six domaines principaux avaient été atteints.
Force est, malheureusement, de constater que d'importants retards ont dû être enregistrés dans des secteurs aussi importants que la recherche et la formation, l'économie, ou encore les relations internationales. En termes chiffrés, seulement 60 pour cent des objectifs ont été atteints sur la centaine d'objets à traiter par le gouvernement fédéral.
Pourquoi doit-on constater un résultat si mitigé? Certes, la complexité des matières nécessite davantage de temps, d'énergie, de compétences et de concertation que dans un passé récent. Mais le manque de moyens à disposition et la difficulté croissante à trouver un consensus expliquent malheureusement davantage cette situation inquiétante pour le pays. En d'autres termes, on sacrifie la primauté de la recherche et de la formation sur l'autel du pur équilibre budgétaire, la croissance économique souffre de la bureaucratie et des lenteurs de procédure - qui ont notamment pour forme oppositions et recours - et la menace du repli plane sur nos relations internationales - heureusement un peu moins depuis dimanche dernier.
Ne nous cachons pas la réalité: la dureté du climat politique, l'entêtement à ne pas vouloir trouver de solutions communes et raisonnables font perdre de l'efficacité à la conduite du pays, pourtant réputé dans le passé pour ses résultats. Le Parti démocrate-chrétien et son groupe parlementaire dénoncent fermement tous les comportements et propos qui nous mènent sur le chemin de la récession et de l'échec.
J'aborde maintenant un autre thème. Lors de l'examen du programme de la législature, la commission spéciale chargée de cet objet avait pris connaissance d'un nouvel instrument, les indicateurs, et enregistré avec satisfaction qu'ils seraient utilisés à l'avenir par le Conseil fédéral. Ces indicateurs, au nombre de quinze, ont été appliqués à l'examen du rapport de gestion. L'appréciation des faits est certes rendue ainsi plus aisée, mais il faut également éviter de sombrer dans le règne unique de la statistique, des comparaisons chiffrées, en un mot du manque de vision d'ensemble et d'analyse politique propre à l'être humain. Pour être encore plus clair: le recours aux indicateurs ne doit pas servir de béquille à un gouvernement qui claudique parce qu'il ne sait plus travailler en équipe en raison d'un ego trop développé de plusieurs de ses membres.
Cette évocation amène le porte-parole du groupe démocrate-chrétien à mentionner qu'à l'occasion des questions transversales posées de manière identique aux sept chefs de département, le principe de collégialité a été si diversement interprété dans leurs réponses qu'on peut légitimement se poser la question du fonctionnement du Conseil fédéral. C'est le lieu de rappeler que l'échange de vues sur les institutions et les décisions doit se faire, de la part des conseillers fédéraux, lors des séances qui les réunissent, et non sur la place publique, notamment dans la presse dominicale. Si des réformes doivent intervenir, ou bien le Parlement en prend l'initiative, comme la loi le lui confère, ou bien le gouvernement propose un message ad hoc au terme d'une délibération de l'exécutif.
Permettez-moi de regretter, au nom de mon groupe, qu'il faille utiliser cet objet et cette tribune pour rappeler quelques règles élémentaires aptes à donner une meilleure image de la direction du pays.
Finalement, il convient de remercier toutes celles et tous ceux qui travaillent efficacement, souvent dans l'ombre et sans bruit, au service de notre pays.
Au moment de quitter la Commission de gestion, je voudrais, à titre personnel, dire le plaisir que j'ai eu de collaborer avec mes collègues et exprimer un sentiment de gratitude à notre président, notre collègue Hugo Fasel, pour sa conduite précise, ouverte, objective et cordiale.