Roth-Bernasconi Maria · Nationalrat · 2005-06-07
Roth-Bernasconi Maria · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2005-06-07
Wortprotokoll
Permettez-moi d'abord de parler d'un domaine qui relève de tous les départements. Il est transversal et visiblement pas très attractif puisque j'étais la seule à poser des questions à son sujet: je veux parler de l'égalité entre femmes et hommes.
Il m'intéressait notamment de savoir comment les divers chefs des départements pensent promouvoir l'accès des [PAGE 687] femmes aux postes de cadres. Les réponses ont varié: d'aucuns disent qu'ils ne veulent pas engager une femme uniquement parce que c'est une femme, mais que ce sont les compétences qui sont le plus important - comme si les femmes étaient a priori moins compétentes que les hommes. A ce sujet, j'aime citer Françoise Giroud, ancienne ministre française, qui se plaisait à rappeler: "La femme sera vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignera une femme incompétente." D'autres me disaient qu'ils ne pouvaient pas forcer les femmes à venir travailler chez eux, car elles ne se présentent pas aux postes mis au concours. Mais, ont-ils réfléchi aux raisons qui font que les femmes ne se présentent pas? Je pense aux conditions-cadres pour les personnes travaillant à des postes hiérarchiquement élevés. Pourquoi ne pas proposer des postes de cadre en "job sharing" ou à temps partiel?
J'ai déposé un postulat à ce sujet lors de la session de décembre 2004. Je n'ai toujours pas de réponse, ce qui montre que la thématique ne vous intéresse pas vraiment. Notons encore que la seule personne qui nous a transmis des chiffres et une réponse détaillée à cette question est notre conseillère fédérale. Est-ce parce que c'est une femme ou parce que c'est une socialiste? La question reste ouverte.
Le deuxième thème que j'aimerais aborder concerne le chômage des jeunes et la problématique de la formation. Aujourd'hui, le problème ne concerne pas seulement les places d'apprentissage disponibles par rapport aux jeunes qui en cherchent une après l'école, mais l'adéquation entre les postes inoccupés et les jeunes qui cherchent une place.
Est-ce que les jeunes d'aujourd'hui sont réellement moins compétents que ceux et celles d'hier? J'en doute fortement. Je me souviens de ma jeunesse où nombre de "profs" nous disaient que nous étions beaucoup plus bêtes qu'eux! Socrate parlait déjà de la jeunesse décadente, irrespectueuse et inculte. Ce qui a probablement changé, ce sont les exigences du marché et celles des patrons. Ce n'est donc pas la jeunesse seule qui a changé, mais également la société. De ce fait, de nouvelles solutions doivent être trouvées, comme par exemple le soutien continu pour les années d'apprentissage de base - ces fameuses "Basislehrjahre" -, une meilleure information des responsables d'entreprises internationales ou encore la prise en considération par les entités publiques de l'effort de formation fourni par les entreprises soumissionnaires.
En dernier lieu, mon groupe regrette que l'idée de la LIPA de mettre sur pied un fonds de formation nourri par les partenaires sociaux et l'Etat ne se soit pas concrétisée au niveau suisse. Une fois de plus, les belles paroles n'ont pas été suivies d'actes concrets.
Pour terminer, j'aimerais évoquer le problème de l'Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie. Cet office a traversé une période tumultueuse et la Commission de gestion a dû se préoccuper de sa gestion. Conséquence actuelle: le directeur s'en va. Nous avons appris que ce départ pourrait occasionner un grand chambardement. Le Conseil fédéral nous a indiqué qu'il va redéfinir le cahier des charges et il se demande si les HES ne doivent pas être transférées au DFI.
Nous nous réjouissons de connaître les avantages et les désavantages de cet éventuel transfert, mais aimerions insister sur un point: il ne faut pas laisser la formation professionnelle de base orpheline des HES. En effet, si on a mis sur pied la maturité professionnelle et les HES, c'est entre autres aussi pour revaloriser la formation duale. D'après nous, on devrait plutôt examiner la mise sur pied d'un nouveau département, comme l'a déjà indiqué Madame Riklin: celui de la formation tout court. En effet, les politiciens et les politiciennes affirment à longueur d'année que la formation est prioritaire et que la matière première de la Suisse est la matière grise. Pourquoi dès lors ne pas accorder une attention particulière à ce thème et le regrouper dans un seul ministère, comme le font par ailleurs tous les autres pays? Ce serait donner la visibilité, les forces et les moyens nécessaires pour que ces belles paroles se transforment elles aussi en actes concrets.